Pré COP: la négociation entre dans la dernière ligne droite

Le 09 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Anna Lindstedt, l'ambassadrice de Suède au climat.
Anna Lindstedt, l'ambassadrice de Suède au climat.
VLDT

C’est parti. Dans l’après-midi de dimanche 8 novembre, Laurent Fabius a ouvert, à Paris, les dernières discussions avant l’ouverture du sommet climatique de Paris, la Cop 21.

Le ministre français des affaires étrangères a réuni une soixantaine de ministres chargés des négociations. Au total, 70 pays sont représentés au centre de conférences du ministère des affaires étrangères. Prévu pour s’achever mardi, ces tractations ne résoudront pas tous les problèmes en suspens avant le 30 novembre, date d’ouverture de la Cop: le texte issu de la dernière réunion de Bonn contient encore un millier de segments de phrase entre crochets. Trois jours n’y suffiraient pas.

4 sujets majeurs

La diplomatie tricolore espère néanmoins progresser sur 4 sujets primordiaux. D’une part, les buts à long terme de l’accord de Paris. «Nous devons nous accorder sur un objectif qui soit tout à la fois clair et opérationnel», a rappelé Laurent Fabius. Le balancier penche entre la stabilisation du réchauffement à 2°C et 1,5°C d’ici la fin du siècle. Une différence qui peut sembler minime mais qui se chiffre probablement en centaine de milliards d’investissements.

Après l’ambition, l’équité. Ou comment faire en sorte que les pays les plus anciennement industrialisés aident les pays les plus vulnérables, sans pour autant que les grands émergents (qui deviennent de très gros émetteurs de gaz à effet de serre) soient exempts du moindre effort. «Ce principe semble acquis, reprend le ministre français, reste à déterminer les modalités de mise en œuvre.»

Alors que la Banque mondiale estime que le laxisme climatique plongerait 100 millions de personnes supplémentaires dans la misère d’ici à 2030, la pression s’accroît sur les négociateurs pour une multiplication des actions concrètes le plus rapidement possible.

La promesse de Copenhague

Cela passera, sans doute, par l’indication par les pays les plus riches des moyens qui leur permettront de financer leur promesse de Copenhague: allouer 100 milliards de dollars par an (93 Md€) aux pays les plus touchés par les conséquences des changements climatiques à partir de 2020. Une promesse plus facile à faire qu'à tenir. «Les pays en développement attendent non seulement que nous leur prouvions que nous tiendrons cette promesse des 100 milliards, mais ils veulent qu'une bonne part de cet argent soit d'origine publique et que nous leur disions quelle sera la proportion d'argent public et la part d'argent privé», explique Anna Lindstedt, ambassadrice suédoise au climat. Autre question posée aux négociateurs: comment prendre en compte les promesses des acteurs non étatiques: collectivités, entreprises, institutions. Actuellement, la plate-forme Nazca, mise en ligne par l’ONU, en recense plus de 6.600.

Last but not least, le quai d’Orsay aimerait aussi progresser sur la délicate et vaste question des financements pour la période post-2020. Cela concerne tout à la fois l’abondement du Fonds vert climatique, des contributions des pays émergents, de l’aide à l’adaptation, le financement des pertes et dommages. «L’important, c’est de parvenir à la transparence et à la prévisibilité des fonds», souligne Laurent Fabius.

Après ces préliminaires, diplomates et négociateurs se retrouveront lors des sommets Union européenne-Afrique à La Valette (11-12 novembre), du G 20 à Antalya (15-16 novembre), sans oublier le sommet du Commonwealth, du 27 au 29 novembre, auquel participera –événement inhabituel- le président français.

 



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