PPI contesté après un incident industriel

Le 04 février 2005 par Christine Sévillano
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PPI
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Une fuite d'acide chlorhydrique s'est produite lundi dernier sur le site d'Arkema à Lavera (Bouches-du-Rhône). Si l'enquête de la Drire sur l'incident est en cours, aucune victime n'a été recensée. Il fait pourtant débat car le PPI aurait été déclenché trop rapidement, alors que les risques sanitaires n'étaient pas encore clairement établis.

L'usine chimique Arkema a dû faire face lundi dernier à une fuite d'acide chlorhydrique sur son site pétrochimique de Lavera près de Martigues (Bouches-du-Rhône). L'unité concernée fabrique des chlorométhanes utilisés principalement pour produire du silicone, des peintures, des solvants de graissage, du téflon, des fluides frigorigènes nouvelle génération et certaines substances pharmaceutiques. D'une capacité de 300 tonnes par jour, le réacteur de photochloration a connu une montée de pression si rapide que les barrières de sécurité n'ont pas fonctionné suffisamment vite pour canaliser le gaz. L'acide chlorhydrique a été rejeté à  l'atmosphère jusqu'à 150 mètres.

Le plan d'opération interne a alors été déclenché. Ce qui a entraîné l'arrêt de la machine et le confinement du personnel en attendant d'observer l'orientation des rejets. Selon le directeur de l'usine, Gérard Ferréol, le vent qui était de 20 km/h a dirigé la fuite vers l'extérieur de l'usine: «Nous avons alors pris la décision de déclencher la sirène du plan particulier d'intervention (PPI) sept minutes après le déclenchement de la fuite pour protéger les populations environnantes.» Les services de secours externes sont donc appelés. Les pompiers de l'usine interviennent dans le voisinage pour effectuer des mesures. Ils relèvent en une vingtaine de minutes que le nuage s'est dispersé et que les risques sont écartés. Ce gaz provoque en général l'irritation des voies respiratoires et personne ne semble avoir été incommodée à ce jour à l'intérieur comme à l'extérieur du site. «51 minutes après le début de l'incident, lorsque nous avons eu la certitude qu'il n'y avait aucun risque, nous avons donné la fin de l'alerte, mais les pompiers étaient déjà en route et sont arrivés cinq minutes après», poursuit le directeur.

Le déclenchement du PPI est aujourd'hui contesté par le sous-préfet qui estime que 100 pompiers ont été mobilisés inutilement, selon l'AFP, et que la population a été inquiétée pour rien. La préfecture des Bouches-du-Rhône, habilitée à répondre aux questions, n'a pas voulu s'exprimer davantage, en affirmant qu'elle attendait les résultats de l'enquête de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et du développement à ce sujet. Selon les scénarios de l'étude de danger d'Arkema, il n'existe pas de danger irréversible pour la population en cas de fuite. «Mais de toute façon, j'assume mon choix. J'ai préféré être préventif», assure Gérard Ferréol.

L'appareil de production n'a pas été repris son activité, en effet l'origine de cette fuite n'a pas encore été déterminée. «Nous sommes en train de rechercher les causes, branche par branche. Il est possible que les capteurs aient donné une information sur l'appareil de production non conforme à la réalité, mais pour l'instant nous ne voulons exclure aucune hypothèse», conclut le directeur qui espère que cette analyse sera terminée dans le courant de la semaine prochaine. Cet incident devrait être fort en retour d'expérience et pourrait constituer un précédent dans la mise en oeuvre des PPI. D'autant que les textes législatifs précisent que l'industriel lorsqu'un incident à des effets qui risqueraient de sortir des limites prévient le préfet. Il revient à ce dernier de déclencher ou non le PPI.




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