PPE: les professionnels des renouvelables craignent un grand coup de rabot

Le 02 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Jean-Louis Bal propose de lancer 6 appels d'offres éoliens marins.
Jean-Louis Bal propose de lancer 6 appels d'offres éoliens marins.
VLDT

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) exige que les objectifs ‘renouvelables’ de la loi sur la transition énergétique soient tenus.


L’angoisse est palpable chez les membres du SER. Ce mardi 2 octobre, le principal lobby français des énergies vertes convoquait une conférence de presse pour évoquer la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Trois mois après la fin officielle du débat public la concernant, cette planification de notre politique énergétique fait encore l’objet d’âpres débats au sein du gouvernement et entre opérateurs. Les deux dernières salves inquiètent les partisans de l’éolien et du photovoltaïque. Après qu’EDF a proposé de ne pas fermer avant 2029 d’autres réacteurs nucléaires que ceux de Fessenheim, le Premier ministre a confirmé qu’il comptait décaler de 10 ans l’atteinte de l’objectif de la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Ce qui suppose de réviser la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV).

Objectifs de la LTECV
Le président du SER, Jean-Louis Bal, craint qu’à cette occasion, le gouvernement ne soit tenté de revoir à la baisse certains objectifs dédiés aux renouvelables. D’autant que les résultats actuels ne sont pas bons. En 2020, la France devra produire grâce aux énergies vertes 23% de l’énergie qu’elle consommera. Fin 2016, ce chiffre atteignait péniblement les 16%: deux points de moins que ce que le gouvernement avait fixé comme objectif intermédiaire. Et moitié moins que le but fixé à 2030 par la LTECV.

appels d'offres
Pour autant, François de Rugy peut encore rassurer les adhérents du SER. D’abord, en relançant une vague d’appels d’offres de projets éoliens marins. Le SER propose ainsi que 8.250 mégawatts (MW) de capacités posées et flottantes soient attribués en 6 tranches, entre 2019 et 2024.
Vieille revendication, le SER demande que le fonds Chaleur soit doublé dès 2019. Ce que ne prévoit pas, pour le moment, le projet de loi de finances 2019 (PLF).

Le syndicat semble avoir fait son deuil de l’hydrolien: «Nous ne pensons pas que l’on puisse mettre en service plus d’une centaine de mégawatts d’ici à 2028. Et encore, ces projets seraient payés par les Investissements d’avenir et non par la vente d’électricité», confirme Jean-Louis Bal.
Last but not least: les professionnels de l’éolien, du photovoltaïque et de la production de biogaz demandent la mise en œuvre des recommandations retenues par les groupes de travail présidés par le secrétaire d’Etat Lecornu. «Peut-être en verra-t-on certaines intégrer au PLF», veut croire l’ancien patron des énergies renouvelables de l’Ademe.

Estivale. Selon Jean-Louis Bal, le gouvernement prévoit de publier le décret entérinant la prochaine PPE à la fin du mois de juin 2019. Information non confirmée par le ministère chargé de l’énergie.
 


Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus