PPE: les déchets priés de se faire discrets

Le 11 avril 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Impossible de faire l'impasse sur la baisse de la production à la source
Impossible de faire l'impasse sur la baisse de la production à la source

Dans le scénario consacré aux déchets, qui représentent 3,8% des émissions de gaz à effet de serre de l’Hexagone, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) mise sur l’éco-conception des produits, la réduction du stockage et la valorisation énergétique.

 

En matière de déchets, l’important est de cibler le méthane. Ce gaz issu des décharges et du traitement des eaux usées représente à lui seul 86,4% des émissions de GES du secteur. A la marge, 8,8% proviennent du CO2 de l’incinération et 4,8% du protoxyde d’azote (N2O) issu du traitement des eaux usées.

 

85% d’émissions en moins

En amont du débat sur la PPE[1], la DGEC propose de réduire les émissions du secteur de 85% par rapport à 2015. Ce qui les plafonnerait à 3 millions de tonnes équivalent CO2 en 2050, contre 17,3 Mt il y a trois ans.

Pour y parvenir, le stockage et l’incinération sont respectivement limités à 3 Mt et 8 Mt de déchets en 2050, au profit du déploiement du recyclage (12 Mt), du compostage (9 Mt) et de la méthanisation (37 Mt). La loi sur la transition énergétique avait prévu de diviser par deux l’enfouissement des déchets non inertes entre 2010 et 2025. Il faudra faire mieux. Et refuser les projets de création et d’extension de décharges en cours dans l’Hexagone.

 

Des produits durables et réparables

Cet objectif ne sera pas atteint sans s’attaquer à une réduction de la production de résidus. Si la loi sur la transition énergétique vise 10% de déchets ménagers en moins entre 2010 et 2020, ce nouvel opus va plus loin en ciblant les producteurs, qui sont invités à prolonger la durée de vie des produits et leur réparabilité.

La DGEC saisit l’occasion de rappeler les mesures incitatives les plus intéressantes: TVA réduite sur la réparation, obligation de prolonger la durée de vie de certains produits, interdiction du suremballage, extension des filières à responsabilité élargie du producteur, éco-modulation des contributions... Ces mesures pourraient être actées dans la feuille de route sur l’économie circulaire qui doit être publiée d’un jour à l’autre, et dans le prochain projet de loi de finances. A la condition que le ministère ose sortir des démarches volontaires. «Pour réduire la mise en décharge, les politiques publiques doivent s’accompagner d’un soutien aux investissements», ajoute Marc Cheverry, directeur de l’économie circulaire et des déchets à l’Ademe[2].

 

Biogaz, chaleur et électricité

En bout de chaîne, les déchets non valorisables doivent contribuer à accélérer la production d’énergies renouvelables via les méthaniseurs et les installations de cogénération. Sur ce point, la DGEC s’abstient de donner des objectifs chiffrés.

En matière d’eaux usées, elle préconise de développer le séchage anaérobie des boues produisant du biogaz et de les recycler en fertilisants, ainsi que de remplacer les actuelles fosses sceptiques, fortement émissives, par des systèmes d’assainissement individuels plus performants.

 

 

 

 



[1] Programmation pluriannuelle de l’énergie

[2] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus