PPE: à peine publiée, déjà critiquée

Le 28 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Français devront réduire de 23,4% leur consommation de pétrole.
Les Français devront réduire de 23,4% leur consommation de pétrole.
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Le gouvernement publie la programmation pluriannuelle de l’énergie. Un texte qui ne souffle mot de l’énergie nucléaire.

Petit décret, mais grandes conséquences. Sans tambour ni trompette, le gouvernement a publié, ce vendredi 28 octobre, le décret du 27 octobre relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Très attendu, ce texte n’est pourtant pas à la hauteur des enjeux de la transition énergétique. Comportant 13 articles, à peine, le texte grave dans le marbre juridique les grands objectifs de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), adoptée en août 2015.

Baisse des produits fossiles

Entre 2012 et 2023, les Français devront ainsi réduire de 15,8% leur consommation de gaz naturel, de 23,4% leur demande de pétrole et de 37% leurs besoins de charbon. S’il ne dit mot sur la taxation du charbon, le texte interdit, en métropole, la construction de centrale au charbon «non équipée de système de captage, stockage ou valorisation du dioxyde de carbone».

Forte progression de l’éolien et du solaire

Electricité toujours: l’Hexagone devra abriter en 2023 de 21 à 26 GWe d’éolien terrestre; 18,2 à 20,2 GWc de photovoltaïque. A la même échéance, les forces motrices de l’eau (marémotrices comprises) devront produire 63 à 64 TWh/an. Ces 26 GWe de capacité seront complétés de 1 à 2 GW de capacités de stockage par station de pompage-turbinage.

Objectifs flous

Les objectifs attribués aux renouvelables moins matures sont plus flous: entre 500 et 6.000 MW pour l’éolien marin posé; entre 200 et 2.000 MW pour les énergies marines (éolien flottant inclus). Comme prévu, les autres sources d’énergies vertes seront peu développées: 53 MW, en 2023, pour la géothermie électrique; de 790 à 1.040 MW pour le bois-énergie et 300 MW au maximum de méthanisation.

Le texte fixe également le calendrier des appels d’offres des différentes filières.

Pour les autres usages de l’énergie: la biomasse devra fournir, pour 2023 toujours, de 13.000 à 14.000 ktep de chaud et de froid; le biogaz devra produire de 700 à 900 ktep. Soit beaucoup moins que les pompes à chaleur: 2.800 à 3.200 ktep. La production de chaleur par le solaire thermique ne devra pas excéder 400 ktep. A peine plus que la production des géothermies de basse et de moyenne énergie: 400 à 550 ktep.

2,4 millions de véhicules électriques

En 2023, les routes devront être sillonnées par au moins 2,4 millions de véhicules électriques légers ou hybrides rechargeables. Le bioGNV devra représenter 20% de la consommation de gaz pour véhicules. Enfin, les stations-services devront distribuer de l’essence enrichie à 3,4% en agrocarburants avancés et des gazoles chargés à 2,3% de carburants d’origine végétale.

Sans surprise, le syndicat des énergies renouvelables se réjouit de la publication de la PPE. «En matière d’énergies renouvelables, les objectifs sont cohérents avec l’objectif programmé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, qui vise à porter à 32% la part d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2030. La France se dote donc d’une feuille de route et d’une programmation détaillée d’appels d’offres attendus par les acteurs industriels», estime le lobby des renouvelables, dans un communiqué.


Ce dernier avis n’est pas partagé par tous. Greenpeace rappelle que la PPE «n’indique en effet aucune trajectoire de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique français et condamne ainsi tout développement massif des énergies renouvelables». Une critique déjà formulée, mercredi 26 octobre, par les parlementaires.

Plan stratégique nucléaire

Certes, la LTECV impose la réduction à 50% de la part de l'atome dans la production d ‘électrons vers 2025, contre 75% aujourd'hui. Mais la PPE n’indique pas le chemin à suivre pour EDF, par ailleurs englué dans les scandales de l’acier trop carboné. La synthèse accompagnant le décret précise toutefois que la fourchette anticipée de baisse de la production d'électricité nucléaire «pourra également être révisée, dans le cadre de la révision de la PPE, en fonction de l'augmentation de la production renouvelable et des efforts d'efficacité énergétique».

Le décret oblige aussi EDF à établir, dans les 6 mois, «un plan stratégique compatible avec les orientations de la programmation pluriannuelle de l'énergie». Rendez-vous le 26 avril prochain, date-anniversaire de Tchernobyl.



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