Pourquoi Sandy est un super cyclone

Le 31 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les grandes marées ont amplifié le force des vagues de Sandy.
Les grandes marées ont amplifié le force des vagues de Sandy.

Alors que Sandy se dissipe à la frontière canadienne, l’Amérique panse ses plaies. A l’heure où nous mettons en ligne, un premier bilan peut être fait. Les services de secours américains recensent une cinquantaine de morts (dont 22 à New York), qui s’ajoutent aux 67 tués dans les Caraïbes. Après avoir dévasté le nord-est des Etats-Unis (où vivent 20% des Américains) et le sud-est du Canada, le cyclone a plongé dans le noir 8 millions d’usagers. Le réseau téléphonique a également subi de nombreux dommages.

L’alerte a, en revanche, été levée à la centrale nucléaire d’Oyster Creek, un temps menacée par la montée de l’Atlantique. Pour ne pas surcharger des réseaux de transport d’électricité endommagés, les exploitants des centrales nucléaires de Millstone 3, Vermont Yankee et Limerick ont réduit la production d’électricité.

De nombreuses zones, comme Manhattan, doivent maintenant lutter contre les inondations et des pollutions des eaux. Privée de ses pompes, une station d’épuration du Maryland a relâché dans la rivière Patuxent des milliers de tonnes d’eau non traitée. Globalement, le montant des dégâts reste évalué entre 10 et 20 milliards de dollars (entre 7,7 et 15,4 milliards d’euros).

Pour autant, les scientifiques restent impressionnés par ce cyclone que les observateurs ont baptisé «Frankestorm». Plusieurs éléments expliquent l’importance de cet événement climatique. Sandy est d’abord un énorme cyclone: la puissance de ses vents a été ressentie sur un rayon de 780 kilomètres, un record seulement battu par le cyclone Olga, en 2001 (965 km de rayon).

Le 10e cyclone de la saison, en Atlantique, est de plus alimentée par l’inhabituelle température de l’océan: +3°C par rapport à la moyenne, en pareille saison. Bloqué par une zone de haute pression descendant du Groenland, il a obliqué vers l’ouest, ravageant tout sur son passage. Au dessus du continent, sa puissance a été renforcée par sa rencontre avec un front froid situé au nord-est des Etats-Unis. Cette collision inédite a provoqué de fortes chutes de neige qui n’ont pas facilité le travail des sauveteurs. Autre facteur aggravant: les grandes marées qui ont accru la force des vagues levées par l’ouragan.

Peu croyable, cette conjonction de phénomènes pourrait se reproduire. Une récente modélisation, réalisée par des chercheurs de l’université d’Amsterdam, suggère que la hausse du niveau de la mer couplée à l’accroissement du nombre de cyclones pourrait tripler, voire quintupler, la probabilité d’occurrence de tels phénomènes. Et comme pour donner raison à leurs collègues néerlandais, une équipe dirigée par Aslak Grinsted (université de Copenhague) estime que le nombre de cyclones puissants a tendance à doubler, dans l’Atlantique, depuis 1923.



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