Pourquoi les globicéphales s’échouent-ils ?

Le 23 mai 2011 par Célia Fontaine
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Une centaine de baleines-pilotes (Globicephala melas melas) ont bien failli s’échouer ce week-end sur une des îles de l'archipel des Hébrides extérieures, en Ecosse. Pourquoi ces animaux se retrouvent-ils fréquemment piégés près des côtes?
 
Une vingtaine de globicéphales présentaient des blessures graves à la tête, après avoir vraisemblablement heurté les rochers du Loch Carnan, rapporte The Guardian. Cette blessure pourrait résulter d’une première tentative d’échouage.
 
«Les baleines-pilotes viennent près des côtes lorsqu’elles sont malades, ou blessées», explique Alistair Jack, du British Divers Marine Life Rescue (BDMLR), une association de volontaires. Les experts craignent que ces animaux blessés viennent volontairement s’échouer sur le sable, et que le reste du groupe suive le même chemin. Ces mammifères entretiennent en effet des liens sociaux très forts et comme leur nom l’indique, un «pilote» mène le reste du groupe. Des baleines saines sont prêtes à mourir pour suivre jusqu’au rivage les membres du groupe blessés qui les dirigent.
 
Pour l’heure, les animaux se sont éloignés des côtes. Mais le risque qu’ils reviennent existe. En octobre dernier, un groupe de 33 globicéphales s’est échoué à Donegal en Irlande, après avoir fait une première incursion près du littoral une semaine auparavant.
 
De tous les cétacés, les globicéphales sont ceux qui ont le plus tendance à s’échouer sur les rivages. Que ce soit sur les côtes écossaises, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande, ce comportement peut s’expliquer de différentes façons. Une baleine-pilote en souffrance a tendance à se diriger vers les bancs de sable ou la côte lorsqu’elle ne peut plus supporter son propre poids dans l’eau et risque de se noyer. Autre explication: le mauvais temps. Des correspondances ont pu être établies entre des conditions orageuses et les échouages de baleines, selon le Muséum d’histoire naturelle qui enregistre les échouages depuis 1913.
 
Une autre théorie met en cause les perturbations de champs électromagnétiques. Les baleines-pilotes, en tant qu’animaux migrateurs, comme les oiseaux, utilisent pour naviguer les «lignes» électromagnétiques de la croûte terrestre. «Les mouvements des plaques tectoniques et les changements du champ électromagnétique peuvent désorienter la boussole interne des baleines-pilotes», expliquait Céline Liret de l'Océanopolis de Brest après La découverte de 107 baleines mortes, échouées fin février dernier sur une plage du sud de Nouvelle-Zélande. Un séisme avait frappé l’île 48 heures plus tard.
 
Enfin, la pollution sonore pourrait également être à l’origine de ces morts mystérieuses. Les sonars militaires ou les sondages sismiques de l’exploration pétrolière peuvent forcer les baleines-pilotes à remonter à la surface trop rapidement, sous le coup de la panique. La décompression qui en résulte blesse les cétacés qui peuvent en garder des lésions, et se retrouver désorientés (voir également dans le JDLE).


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