Pourquoi les assureurs s’intéressent aux mangroves

Le 15 juin 2017 par Romain Loury
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Mangroves au Sri Lanka
Mangroves au Sri Lanka
Teng Wei

Face au réchauffement climatique, comment empêcher que tempêtes et ouragans fassent toujours plus de dégâts matériels? La question intéresse les assureurs au plus haut point. Rédigé pour le compte de Lloyd’s, un rapport publié mardi 13 juin souligne l’intérêt d’investir dans les «infrastructures naturelles», dont les mangroves, les récifs coralliens côtiers et les marais salants.

Ces écosystèmes constituent une barrière naturelle contre les ouragans, rappelait un rapport mené pour le compte de l’assureur britannique Lloyd’s, publié en octobre 2016. Exemple dans le nord-est des Etats-Unis: lors de l’ouragan Sandy, en octobre 2012, la présence de zones humides côtières a permis de diminuer la note de 16%, pour un total de 625 millions de dollars économisés sur le New Jersey.

3% des fonds totaux

Malgré le potentiel des écosystèmes côtiers face à ces catastrophes climatiques, leur conservation fait l’objet de financements très insuffisants. Sur la période 2004-13, seuls 14 milliards de dollars ont été versés pour la préservation du littoral, contre 198 milliards pour l’érection de digues. En incluant la réparation des dégâts (216 milliards de dollars pour les assurances, 3,5 milliards d’aide internationale), ces écosystèmes n’ont ainsi obtenu que 3% des dépenses.

Comment faire mieux? Dans un rapport publié mardi 13 juin et rédigé pour le compte de Lloyd’s, des scientifiques du Center for the Blue Economy (Monterey, Californie), de l’ONG Nature Conservancy et de l’université de Santa Cruz (Californie) identifient plusieurs pistes de financement, avec des bénéfices attendus aussi bien pour la conservation des écosystèmes que pour la prévention des dégâts climatiques.

Accentuer la prévention naturelle

Primo, il s’agit de tirer parti au maximum des programmes actuels de conservation du littoral, qui mettent insuffisamment l’accent sur le potentiel préventif de ces écosystèmes. Deuxio, le recours à de nouveaux outils financiers en plein essor, telles que les obligations vertes («green bonds») et les «obligations catastrophe» («catbonds»), aussi bien pour assurer les dégâts que pour financer la prévention naturelle. Tertio, la réorientation partielle de fonds normalement dédiés à la réparation, publics ou privés, vers la prévention naturelle.

Pour Lloyd’s, la prise en compte de ce capital naturel pourrait d’ailleurs bénéficier aux clients, par exemple les villes côtières, dont les frais d’assurance pourraient être revus à la baisse si la compagnie estime qu’ils sont dotés de protections naturelles en état satisfaisant.

Sur la période 1995-2015, les inondations, les ouragans et les tempêtes sont à l’origine de 71% des coûts économiques liés à des catastrophes naturelles. Du fait du réchauffement climatique, la fréquence d’inondations côtières a connu une haussede 31% entre les périodes 1995-2005 et 2005-2015.



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