Pourquoi la morue n’aime pas le carbone

Le 28 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le changement climatique a souvent des conséquences inattendues. Déjà menacée par la surpêche, la morue de l’Atlantique ( Gadus morhua) semble mal s’accommoder de l’évolution de son milieu. C’est du moins la conclusion d’un article d’un chercheur du laboratoire d’océanologie et de géosciences de Wimereux, publié cette semaine dans les Annales de l’académie des sciences américaine ( PNAS).

Grégory Beaugrand a dépouillé les données d’un programme britannique de suivi du plancton dans l’Atlantique nord. Lancé en 1946, le Continous Plankton Recorder suit la présence et l’abondance de près de 450 espèces de phyto et de zoo planctons présentes dans l’Atlantique nord. En regardant de près les 97 millions de données produites, le scientifique français a établi une relation entre le réchauffement de la température de l’océan et la biodiversité du plancton.

En clair, à mesure que l’océan s’échauffe, le nombre d’espèces de plancton s’accroît. Tout aussi étonnant, la taille de certains zooplanctons (les copépodes) diminue de 25 à 33%. Ces modifications biologiques ne sont pas sans conséquences pour la biologie marine et le cycle global du carbone. Ces microscopiques crustacés assurent, en effet, le transfert du CO2 atmosphérique depuis la surface jusqu’au fond des océans à travers la chaîne alimentaire. Or, les règles de l’écologie font qu’un organisme plus petit vit moins longtemps qu’un plus gros.

Conséquence : la réduction de la taille et de la durée de vie des copépodes pourrait induire une diminution, « non encore quantifiable » précise Grégory Beaugrand, du piégeage atmosphérique par l’Atlantique nord. Inquiétant, si l’on se souvient que ledit océan absorbe le quart du gaz carbonique digéré par les mers du globe et que d’une façon générale, le réchauffement de l’eau marine réduit aussi sa capacité d’absorption du dioxyde de carbone.

La morue, quant à elle, n’apprécie pas le changement de régime alimentaire. Et de voir ses eaux enrichies de nouvelles espèces de planctons et de copépodes plus petits lui déplaît franchement. Aussi, a-t-elle tendance à déserter les zones où la biodiversité du plancton a été modifiée. Ce qui n’est pas pour réjouir non plus les flottes de pêche de morue.



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