Pourquoi la Chine mise sur la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris

Le 31 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Chine prendra le leadership climatique mondial, loin devant l'Europe.
La Chine prendra le leadership climatique mondial, loin devant l'Europe.
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Le retrait américain ouvrirait un boulevard mondial aux technologies et aux entreprises ‘bas carbone’ chinoises.

 

Les enchères montent des deux côtés de l’Atlantique. Depuis la fin du sommet du G7, Américains et Européens ne cessent de s’invectiver. Pressé, à Taormine, par ses hôtes de préciser ses intentions vis-à-vis de l’Accord de Paris, Donald Trump a juste indiqué que les Etats-Unis révisaient leur politique climatique et évaluaient leur intérêt à adhérer à l’accord conclu lors de la COP 21. «Une réponse très insatisfaisante», a répliqué la chancelière d’Allemagne, Angela Merckel. Ce qui a valu à Berlin une sévère volée de bois vert de la part du président américain. Ce dernier indique vouloir communiquer sa décision dans les tout prochains jours.

 

Sommet Europe-Chine

 

Les Européens et les Chinois (premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre) ne restent pas les bras croisés. Ces deux prochains jours, Bruxelles accueille un sommet entre l’Europe et la Chine. Au menu des discussions: commerce international, bien sûr, mais aussi changement climatique et migration. Ces deux questions étant de plus en plus liées.

 

Commerce international

 

Selon le Financial Time, qui s’appuie sur un projet de communiqué final, les deux parties devraient rappeler leur attachement à l’Accord de Paris et la nécessité de réduire au plus vite le montant des subventions accordées à la consommation d’énergies fossiles. Les partenaires promettent de coopérer sur les plans techniques (levée des mesures anti-dumping européennes sur les panneaux photovoltaïques chinois?) et législatifs (lien entre marchés du carbone?). Europe et Chine seraient donc d’accord pour se partager le leadership mondial des discussions climatiques. Un leadership entre deux inégaux.

 

Un marché géant

 

Dans les prochains mois, l’empire du Milieu doit en effet lancer son marché national de quotas d’émission de GES. Succédant à une demi-douzaine de systèmes d’échanges régionaux expérimentaux, cet ETS géant régulera environ 5 milliards de tonnes de CO2 par an: plus de deux fois la taille du marché européen. C’est donc autour du marché chinois que s’orientera le futur prix mondial du carbone.

 

Technologies et participations

 

La Chine est aussi le premier constructeur et installateur de centrales électriques décarbonées: nucléaires, solaires, éoliennes, hydrauliques. Pour la seule année 2015, Pékin a investi une centaine de milliards d’euros dans les énergies décarbonées. Sa capacité éolienne devrait passer de 129 à 210 gigawatts (GW) entre 2015 et 2020. L’évolution attendue du photovoltaïque sera plus importante encore: de 43 GWc en 2015, la capacité chinoise devra atteindre 110 GWc en 2020. La Chine prend, par ailleurs, de nombreuses participations dans des projets (Hinkley Point C au Royaume-Uni) ou dans des compagnies électriques à l’étranger (au Portugal) pour mieux écouler ses technologies.

 

Si Donald Trump retire les Etats-Unis de l’Accord de Paris, nul doute qu’il ouvrira un boulevard mondial aux entreprises chinoises. Il n’est pas certain que ce soit là le résultat escompté à Washington pour relancer la machine économique américaine.

 



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