Pourquoi l'Europe réduit ses émissions de CO2

Le 12 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le secteur de la céramique, champion européen des baisses d'émission.
Le secteur de la céramique, champion européen des baisses d'émission.
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Contrairement aux idées reçues, la crise n’est pas seule responsable des baisses d’émissions carbonées de l’industrie européenne. La politique climatique produit des résultats significatifs, estime une étude de CDC Climat.

L’actualité climatique est parfois pavée de bonnes nouvelles.

Ainsi, en est-il d’un bilan de l’efficacité carbonique du Paquet Energie Climat (PAC) européen. Adopté, en 2008, ce train de mesures vise à améliorer de 20% l’efficacité énergétique, à consommer au moins 20% d’énergie renouvelables. Le tout, devant nous permettre de réduire de 20% nos émissions carbonées entre 1990 et 2020.

Ce fameux «3 x 20» a des traductions concrètes. Tous les pays de l’Union européenne doivent installer à marche forcée parcs éoliens ou fermes photovoltaïques. Du fait du renforcement de la directive «efficacité énergétique», le dispositif des certificats d’économie d’énergie devra être amélioré et généralisé à toute l’Union. Point de rencontre d’une offre pléthorique et d’une faible demande, le système d’échange de quotas d’émission (ETS) fonctionne, vaille que vaille.

Question: cet arsenal unique au monde est-il efficace? Alors que le verdissement du système énergétique marque le pas; que l’ETS ne donne qu’un faible prix à la tonne de CO2 européenne et que les objectifs de la nouvelle mouture de la directive efficacité énergétique sont jugés insuffisants pour réduire de façon significative le gaspillage énergétique de nos logements et nos bureaux. La réponse semble évidente. Et pourtant.

Les émissions communautaires de gaz carbonique diminuent. À en croire la dernière étude de CDC Climat, les rejets carbonés des 11.000 installations industrielles participant à l’ETS ont baissé de 12,3%, entre 2005 et 2012, soit une baisse de 2,6%/an. Ce taux est remarquable, car il est proche de l’objectif annuel de réduction d’émission qu’il convient d’atteindre pour diviser nos émissions par quatre d’ici à 2050. Un effort sans lequel il ne sera pas possible de stabiliser le réchauffement à 2°C à la fin du siècle.

Ces chiffres résultent des efforts menés dans tous les secteurs industriels des 27. Les compagnies productrices d'électricité ont ainsi abaissé de 9% leurs émissions, en moyenne. Champion d’Europe toute catégorie: la céramique a réduit les siennes de 41% sur la même période.

La crise économique a-t-elle frappé tellement fort le tissu industriel du vieux monde qu’il en vient à se décarboner? Oui et non. Selon les calculs de la filiale de la Caisse des dépôts, la chute de l’activité productive a réduit de 150 millions de tonnes les émissions de l’industrie lourde européenne: le tiers de la baisse constatée sur la période 2007-2012.

En revanche, explique Olivier Gloaguen de CDC Climat, 50 à 60% des réductions d’émissions s’expliquent par le déploiement des énergies renouvelables; 10 à 20% du gain sont attribuables aux résultats des actions d’efficacité énergétique mises en œuvre dans l’industrie. En revanche, le prix du quota d’émission semble avoir joué un rôle marginal évalué entre 0% et 10%.

L’évolution du prix des énergies a produit quelques effets. La baisse des prix du gaz a conduit les énergo-intensifs à préférer le charbon par du gaz naturel. Ce qui aurait abattu de 10% à 20% les émissions des secteurs soumis à la directive «Quotas».

À l’heure où la politique climatique européenne cherche un nouveau souffle (pour 2030 et 2050), les conclusions de cette étude satisferont la commissaire à l’action climatique, Connie Hedegaard. Mais pas forcément les climatologues.

Car, les inventaires d’émission de gaz à effet de serre restent, relativement, imprécis. En témoigne, la dernière mise à jour de l’opus français, publiée par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). Le document de référence confirme bien une baisse de 15% des émissions tricolores de gaz à effet de serre (à l’exception notable des rejets de HFC qui quadruplent entre 1990 et 2012, grâce à la climatisation), entre 2005 et 2012. Il rappelle aussi que l’estimation de l’incertitude sur les émissions totales de gaz à effet de serre, pour l’année 2011, est de… 18%.



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