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Pour une prévention des traumatismes sonores

Le 05 février 2007 par Agnès Ginestet
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Le pôle régional bruit d’Ile-de-France a mis en œuvre une opération pilote visant à améliorer la prévention des lésions de l’oreille liées à une exposition à un son trop fort. Le rapport a été publié en ligne.

Le bilan du réseau expérimental de déclaration des traumatismes sonores aigus (TSA) mis en place entre 2004 et 2006 s'est avéré plutôt encourageant (1). Objectif de l'opération: pouvoir recenser les TSA dans la région, en définir les causes, et vérifier si le décret visant à limiter les nuisances sonores liées aux établissements diffusant de la musique amplifiée est appliqué (2). 176 cas ont été exploités: il s'agit de personnes dont 50% étaient âgées de 20 à 40 ans et 70% des hommes. Le pilote de l'opération était le pôle régional bruit d'Ile-de-France, animé par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) des Yvelines et regroupant du personnel issu des 8 Ddass et de la Drass Ile-de-France et de la Préfecture de Paris.

A travers le réseau expérimental, 31% personnes présentant déjà des facteurs de risques auditifs avant le signalement ont été identifiées. Des acouphènes, sensations sonores perçues uniquement par le sujet, tels que des bourdonnements ou des sifflements, ont été diagnostiqués dans 88% des cas, des pertes d'audition dans 69% des cas, et de l'hyperacousie (perception amplifiée d'un bruit) dans 29% des cas. La musique, avec 53% des cas, représente la principale cause des TSA (discothèques, concerts, hifi et pratique de la musique). L'utilisation du téléphone portable contribue quant à elle à 8% des cas (effet Larsen du haut parleur ou sonnerie d'appel). Sur l'ensemble des cas, 11% étaient dus à un accident de travail, mais selon les auteurs, ce pourcentage est peut-être sous-estimé car il existe d'autres modes de déclaration dans ce domaine.

Le pôle régional bruit a également mené une réflexion sur les actions à mener en matière de prévention des TSA. Sur les 16 lieux musicaux signalés par les sujets comme étant probablement le lieu où s'est déclaré le TSA, 89% n'étaient pas en conformité avec le décret. La préfecture a donc envoyé 11 demandes d'étude d'impact des nuisances sonores et 5 demandes de complément d'étude. Trois établissements font l'objet d'une enquête. Selon le rapport, 6 discothèques ont aujourd'hui réalisé une étude d'impact, une est en cours de réalisation et deux établissements, en plus de l'étude, ont mis en place un limiteur de bruit. La mise en cause de ces lieux par les sujets de l'étude dans l'apparition de TSA ne peut cependant être affirmée.

Le rapport indique aussi que «la mise en oeuvre de l'action 28 du Plan régional santé environnement (PRSE) qui prévoit la mise en conformité des discothèques et des salles de concert devrait permettre de sécuriser ces établissements où se sont produits 40% des TSA constatés». L'Institut de veille sanitaire (InVS), partenaire du réseau, a d'ailleurs proposé de mener une réflexion sur l'inscription du TSA sur la liste des maladies à déclaration obligatoire (MDO). 



(1) Bilan du réseau expérimental de déclaration des traumatismes sonores aigus d'Ile-de-France 2004-2006

(2) Décret n°98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux prescriptions applicables aux établissements ou locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée, à l'exclusion des salles dont l'activité est réservée à l'enseignement de la musique et de la danse, JORF du 16 décembre 1998




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