Pour une nouvelle stratégie sur les ressources

Le 01 octobre 2013 par Stéphanie Senet
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Quel avenir après l'extraction?
Quel avenir après l'extraction?

Les années 2000 ont changé la donne. Alors qu’au cours du XXe siècle, le prix des matières premières (1) avait tendance à baisser chaque année, il a plus que doublé ces 13 dernières années. Une tendance qui devrait s’amplifier, alerte une nouvelle étude du cabinet McKinsey.

Les voyants sont au rouge. Telle est la conclusion du rapport sur l’évolution du coût des ressources, qu’elles soient énergétiques, minérales ou alimentaires. A l’envolée des prix, il faut d’ailleurs ajouter leur extrême volatilité, aussi bien à court terme -en raison des sécheresses, des inondations, des restrictions sur les exportations- qu’à long terme, puisque l’approvisionnement devient chaque jour plus difficile et plus coûteux.

Les exemples sont légions, comme les techniques de plus en plus sophistiquées d’extraction de pétrole offshore ou encore la hausse des coûts de l’énergie qui pèse sur la facture, croissante, de la production agricole. S’ils sont de plus en plus volatils, les prix des ressources impliquent aussi un effet domino sur d’autres ressources. Et aggrave le risque

L’étude de McKinsey, qui ne s’est pas intéressée à la rareté des ressources mais aux seules fluctuations de leur coût, s’est focalisée sur trois ressources majeures: l’énergie, les métaux et l’agriculture.

 

Les prix de l’énergie ont fait un bond de 260% depuis 2000

En matière énergétique, les années 1970 ont mis fin à un approvisionnement à tout va et à bas prix. Le premier choc pétrolier a multiplié par 7 le prix du baril. Mais le rapport montre que les prix ont à nouveau eu tendance à baisser en raison de la diversification des sources d’approvisionnement des pays de l’OCDE, de la découverte de nouveaux gisements, de l’apport de subventions… En réalité, la véritable rupture s’est donc produite dans les années 2000 avec une hausse de 260% des prix de l’énergie (en valeurs nominales). Pourquoi un tel choc? Parce que le coût de l’approvisionnement s’est envolé et que la demande a explosé dans les pays hors OCDE. Or cette tendance devrait encore s’amplifier dans un avenir proche, alerte le cabinet McKinsey. Les conséquences de l’exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis resteront marginales face à la hausse soutenue de la demande énergétique des pays émergents, face aux difficultés croissantes d’approvisionnement et face à l’intégration des coûts environnementaux dans la production d’énergie.

 

Le prix des métaux s’est envolé de 176%

Les métaux révèlent une évolution quelque peu différente. Leur prix a augmenté de 2,2% (en valeurs nominales) en moyenne au cours du XXe siècle avec des différences selon les ressources minérales. Si le prix de l’acier a été relativement stable, celui de l’aluminium a augmenté de 0,8% (en valeurs nominales). Mais ce qui se produit depuis les années 2000 est similaire aux ressources énergétiques. En seulement 13 ans, ces prix ont fait un bond de 176% (en valeurs nominales, soit 8% par an). Le coût du cuivre a augmenté de 344%. Celui de l’acier de 167%. Le cabinet McKinsey explique cette explosion par une combinaison de problèmes géologiques liés à l’extraction et aux coûts croissants de l’énergie. Par ailleurs, l’avenir devrait confirmer cette tendance, avec un accès toujours plus difficile aux ressources, et la prise en compte des coûts environnementaux dans leur production.

 

Les prix alimentaires ont progressé de 120%

En moyenne, le prix des denrées alimentaires a quant à lui augmenté de 1,7% (en valeurs nominales) au cours du siècle dernier, malgré une demande alimentaire en forte progression. Or le passage des années 2000 a provoqué, là encore, un choc. Leur prix s’est accru de 6,1% par an (120% en 13 ans) en raison des catastrophes naturelles (sécheresses, inondations), de la hausse de la demande d’agrocarburants, de l’interdiction d’exporter prononcée par certains gouvernements. Sans oublier une hausse continue de la demande alimentaire mondiale. Les produits agricoles non alimentaires (incluant le bois, le tabac et le coton) ont progressé de 30 à 70%, le caoutchouc de 350%. Autant de facteurs qui ne vont pas s’atténuer dans les décennies à venir. L’étude prévoit notamment une demande en forte hausse des pays émergents, et bien sûr des risques climatiques accrus. Ce qui nous oblige à repenser, très vite, notre utilisation des ressources tout comme notre approvisionnement. Ce qu’a d’ailleurs rappelé la Conférence environnementale en introduction de la table ronde dédiée à l’économie circulaire. Une stratégie à long terme s’impose. Qui la mettra en place?

(1) il s’agit du prix réel, déduction faite de la hausse générale des prix

http://www.mckinsey.com/Insights/Energy_Resources_Materials/Resource_revolution_Tracking_global_commodity_markets?cid=other-eml-alt-mgi-mck-oth-1309



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