Pour un recyclage plus sûr des navires en fin de vie

Le 06 juillet 2016 par Stéphanie Senet
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Une activité très polluante
Une activité très polluante

Indispensable pour réduire la consommation de ressources tout comme l’exploitation minière, le recyclage des navires n’en est pas moins source de nombreuses pollutions liées à l’amiante, aux métaux lourds, aux hydrocarbures et aux plastiques selon le bilan dressé le 5 juillet par la Commission européenne.

 

Les premières victimes du démantèlement des navires en Asie du sud-est sont les travailleurs du secteur. Selon l’union mondiale IndustriAll, l’industrie indienne de démantèlement déplore 470 décès dans les chantiers entre 1983 et 2013.

 

Des navires européens sur les plages d’Asie du sud-est

 

Les trois quarts des navires à recycler[1] sont échoués  sur les plages d’Asie du sud-est. Ce qui laisse des marques dans l’eau, les sols et la biodiversité.

Complet, le rapport de la Commission européenne cite les études les plus récentes précisant les dommages causés par ces opérations. Selon des travaux menés sur le chantier de Chittagong au Bangladesh, la concentration dans l’air d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) s’avère cancérigène sur 18 sites sur 23. Dans la baie d’Alang, en Inde, des taux très élevés de métaux lourds et d’hydrocarbures ont été relevés dans l’eau et les sédiments, ainsi qu’une forte concentration de microplastiques (plus de 80 milligrammes par kilogramme de sédiments).

Les Européens portent une lourde responsabilité dans la dégradation du littoral des pays-hôtes. Les armateurs du Vieux monde sont propriétaires de 40% de la flotte marchande mondiale et mauvais élèves du recyclage: 74% des navires allemands et 87% des navires grecs ont ainsi jetés sur les côtesasiatiques en 2015, le plus souvent au Bangladesh, en Inde, ou au Pakistan. Cette pratique est pourtant loin d’être une fatalité: les Norvégiens ont démantelé 13 de leurs 17 bateaux en fin de vie dans des installations respectueuses de l’environnement.

Si la convention de Hong Kong, adoptée en mai 2009 par l’Organisation maritime internationale, encadre en théorie le démantèlement des navires en fin de vie, elle n’est toujours pas entrée en vigueur, faute des 15 ratifications nécessaires. Quatre pays seulement sont passés à l’acte, en mars 2016, dont la France.

 

 

 



[1] En tonnages

 



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