Pour un éclairage plus écologique

Le 20 mai 2005 par Christine Sévillano
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Les besoins en éclairage, qu'il soit public, privé, professionnel, ne cessent de croître malgré son fort impact environnemental en termes d'émissions de CO2. Il existe pourtant des lampes moins consommatrices d'énergie.

Lors d'une réunion de l'association Ecrin, Georges Zissis, chercheur de l'université de Toulouse et coordonnateur du projet européen Numelite, qui a permis la réalisation d'un éclairage urbain économique, a expliqué les principes et les bienfaits de l'éclairage «propre». Rappelant les principes des lampes à incandescence et à luminescence, il a souligné que la connaissance de la vue est également un élément essentiel dans la recherche de lampes ayant une efficacité énergétique accrue.

Les lampes ont un rôle dans de nombreux usages: l'éclairage intérieur, l'éclairage public et celui des monuments, les voitures et autres moyens de transport, les panneaux d'affichage et les applications industrielles comme pour la décontamination de certaines surfaces ou le traitement dermatologique. Chaque jour, ce sont ainsi 33 milliards de lampes qui fonctionnent dans le monde, ce qui représente une consommation annuelle de 2.100 térawattheures (TWh) d'énergie électrique, nécessitant l'équivalent de la puissance d'environ 1.000 grandes centrales électriques. Le fonctionnement des lampes correspond à environ  16% de la production d'énergie mondiale pour un coût de 200 milliards d'euros par an.

En France, la part des lampes dans la production d'énergie est un peu plus faible,  12%, mais elle est de 21% aux Etats-Unis, de 34% en Tunisie et pire, de 86% en Tanzanie! «Il faut remarquer que l'éclairage efficace est un facteur de développement durable. Dans les pays en développement, on met des lampes à incandescence à forte consommation en raison de leur prix peu élevé», explique Georges Zissis. Le tertiaire est le secteur qui consomme le plus au monde avec 48%, suivi de l'éclairage intérieur 28%, les bâtiments industriels 16% et l'éclairage public 8%.

Ces 2.100 TWh provoquent des nuisances sans précédent puisqu'ils sont responsables chaque année de 1,8 milliard de tonnes de CO2 émises dans le monde, et pour la France seule, de 80 tonnes de déchets contenant du mercure . «N'oublions pas que certaines lampes comportent du cadmium, du plomb et des matières radioactives. De plus, certaines conséquences sont difficiles à quantifier comme l'impact de la pollution visuelle pour la faune et la flore», souligne Georges Zissis. 10 milliards de lampes sont produites chaque année.

Et ces nuisances devraient s'accroître les prochaines années puisque la production et le besoin augmentent, ne serait-ce qu'en Chine: l'éclairage est l'un des domaines industriels qui croît le plus vite, à plus de 1% par an. Ainsi d'ici 2016, la hausse totale de l'activité devrait être de 16% et l'OCDE prévoit que la demande va doubler d'ici quelques décennies. «Il faut contenir cette demande et développer la lampe à économie d'énergie: si on l'étendait aux 150 millions de maisons européennes, on pourrait économiser 17,6 TWh ou 3,5 millions de tonnes équivalent pétrole (MTEP)», assure le chercheur. D'ores et déjà, si on appliquait dans les villes européennes l'éclairage économique installé en décembre à Albi et développé dans le cadre du programme Numelite, Georges Zissis indique qu'on pourrait atteindre 5TWh d'économie d'énergie par an. Pour le moment, en ce qui concerne la performance énergétique, les scientifiques n'ont pas réussi à aller au-delà des 120 lumens par watt (lm/W), mais selon les calculs de Georges Zissis, le seuil d'efficacité théorique est de 300 lm/W. Une marge importante pour les chercheurs.




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