Pour sauver les insectes, Berlin interdit le glyphosate

Le 06 septembre 2019 par Romain Loury
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Merkel, les abeilles lui disent danke.
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L’Allemagne va sortir du glyphosate, fin 2023, a confirmé, mercredi 4 septembre, sa ministre de l’environnement Svenja Schutze. Un revirement de taille, alors que le pays avait été l’un des défenseurs de l’herbicide lors de son renouvellement d’autorisation européen.

 

Cette mesure figure dans un programme d’actions sur la protection des insectes, dont le vertigineux déclin a été particulièrement bien décrit en Allemagne. En octobre 2017, une étude avait en effet révélé une chute de 76% de la biomasse d’insectes dans le pays depuis 1990, en grande partie du fait de l’agriculture.

Parmi les grands axes de ce programme, annoncé en février mais détaillé mercredi 4 septembre, le gouvernement prévoit de réduire fortement l’usage des pesticides, voire de les interdire dans les zones protégées, tout en fixant une distance minimale d’application à proximité des cours d’eau -dix mètres, ou cinq mètres si l’espace est couvert de prairie permanente.

Une stratégie de sortie publiée en 2020

Le glyphosate n’est pas épargné: en 2020, le gouvernement prévoit de publier une stratégie de sortie du glyphosate, en vue d’une interdiction totale au 31 décembre 2023. Dès l’an prochain, cet herbicide sera banni des jardins publics et de tout usage privé.

Plus de PFAS. Le ministère danois de l’environnement l’a annoncé lundi: le Danemark deviendra, en 2020, le premier pays au monde à interdire l’usage des PFAS dans les emballages alimentaires. Ces produits, puissants perturbateurs endocriniens, y sont notamment présents dans les papiers et cartons d’emballage de pâtisseries, de fast-food et de pizzas, qu’ils imperméabilisent contre l’eau et les graisses.

Dans l’UE, le glyphosate est autorisé jusqu’au 15 décembre 2022, suite à son renouvellement pour une durée de cinq ans, fin 2017. D’ici là, il doit faire l’objet d’une évaluation en vue d’un éventuel renouvellement. La tâche a été assignée à un groupe de quatre Etats (France, Suède, Pays-Bas, Hongrie).

Ex-supportrice du glyphosate

Lors du précédent renouvellement, l’Allemagne avait été l’Etat rapporteur sur le dossier glyphosate. Son Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) avait d’ailleurs fait l’objet de vives critiques, après des révélations selon lesquelles son dossier d’évaluation, transmis à l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), recelait de nombreux copiés-collés du dossier de demande de réautorisation soumis par Monsanto.

flore intestinale

La controverse sur le glyphosate a surtout trait à ses effets sanitaires -il a été classé ‘cancérogène probable’ par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) en mars 2015-, bien moins à ses effets sur les insectes. Au-delà des effets indirects dus au désherbage, il aurait pourtant des effets toxiques directs: en septembre 2018, une étude américaine révélait qu’il altérait la flore intestinale des abeilles, les rendant plus vulnérables aux pathogènes.

En France, le calendrier est similaire, même si le gouvernement refuse de l’inscrire dans la loi: sortie du glyphosate d’ici à 2021 (lorsque les alternatives sont disponibles), sortie totale en 2023. En juillet, l’Autriche est devenu le premier pays européen à avoir promulgué une interdiction totale du glyphosate sur son territoire, au motif du principe de précaution.

 



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