Pour réduire la pollution, mieux vaut ne pas la mesurer

Le 22 août 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Big Ben sous la smog.
Big Ben sous la smog.

Comme dans beaucoup de pays européens, l’air que respirent les Britanniques est de mauvaise qualité. Le Royaume-Uni est dans le collimateur de l’Union européenne pour violation de ses obligations. Le gouvernement de David Cameron envisage pourtant de fermer 600 stations de mesure de la qualité de l’air réparties dans tout le pays. Trop chères, pas efficaces. Surtout dérangeantes, pensent les écologistes.

Environ 600 stations de mesure de la qualité de l’air sont menacées de fermeture en Grande-Bretagne. Raisons invoquées par l’agence chargée des questions d’environnement, de l’alimentation et de l’agriculture (Defra): ces appareils de mesure engendrent des coûts trop importants, au détriment du financement de mesures concrètes pour réduire la pollution de l’air. Les associations environnementales dénoncent pour leur part une tentative de «casser le thermomètre», pour espérer mettre sous le tapis un problème majeur de santé publique en Grande-Bretagne. La mesure permettrait d’économiser 60 millions de livres (70 M€) en 10 ans.

 

Moins mesurer pour mieux agir

La Defra a lancé une consultation publique, qui court jusqu’au 30 août. Elle fait valoir que si ce réseau de stations de mesure –mis en place depuis 1997- a «largement contribué à améliorer la connaissance des sources et de l’ampleur de la pollution de l’air, il a également démontré la difficulté qu’il y a à quantifier les impacts et l’effectivité des mesures prises pour améliorer la qualité de l’air». Elle plaide pour des actions de remédiation au plan local.

 

29.000 morts par an à cause des particules fines

Des arguments balayés par Simon Birkett, le directeur de campagne de l’ONG Clean Air in London: «Le gouvernement britannique veut cacher la pollution de l’air et se fiche de la santé publique», a-t-il déclaré au Guardian. Il est vrai que le Royaume-Uni ne peut pas s’enorgueillir de ses résultats en matière de qualité de l’air… La seule pollution aux particules fines générées par les véhicules diesel cause la mort prématurée de 29.000 Britanniques chaque année et coûte 16 milliards de livres en soins médicaux (18,7 Md€), ont calculé les services de la Defra. Et les limites en dioxyde d’azote sont largement dépassées dans 40 des 43 entités de surveillance de la qualité de l’air.

 

Ce démantèlement du système de surveillance inquiète d’autant plus Clean Air in London que Londres semble assez peu enclin à actionner les systèmes d’information et d’alerte de la pollution lors des pics de pollution. L’ONG liste plusieurs occurrences où des épisodes de «smog» à l’ozone n’ont pas été signalés –ou trop tardivement- par les autorités. Elle appelle à une clarification des compétences des autorités locales.

 

Cameron, le repenti de l’écologie

David Cameron a mangé son pain blanc (bio) d’écologiste depuis sa nomination au poste de premier ministre. Comme le rappelle Le Monde, «il avait été jusqu'à modifier le logo de son parti en remplaçant le dessin d'une torche par celui d'un arbre. Et lors de son arrivée au pouvoir en 2010, à la tête d'une coalition avec les libéraux-démocrates, traditionnellement proches du lobby écologiste, le premier ministre avait promis ’le gouvernement le plus vert de l'histoire’». Lancé dans une course aux réductions des bénéfices, il a annoncé en juillet des mesures fiscales très défavorables à l’éolien et permissives en matière de rejet de CO2 pour les entreprises. Il a récemment allégé la pression sur les plates-formes pétrolières en mer du Nord et, surtout, réitéré son soutien au gaz de schiste national. «Si nous ne soutenons pas cette technologie, nous perdrons une formidable occasion d'aider des familles à payer leurs factures et de rendre notre pays plus compétitif. L'exploitation du gaz de schiste par fracturation pourrait réduire la facture et la dépendance énergétique du pays, créer des emplois et dégager des ressources financières nouvelles pour des villes et des communautés.»

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus