Pour qu'agriculture et changements climatiques fassent bon ménage

Le 06 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Comment nourrir les populations en réduisant la dépendance aux énergies fossiles? Comment gérer les ressources naturelles (eau, sol, forêt, biodiversité et paysages) et s’adapter aux changements climatiques? Peut-être même les ralentir?
 
Placé en première ligne, le monde agricole s’interroge et souhaite s'adapter aux évolutions climatiques annoncées. Les chambres d’agriculture, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), se sont réunies, aujourd’hui 6 juillet à Paris, pour discuter de ces enjeux.
 
Le monde agricole subit des pressions de plus en plus fortes pour réduire sa consommation d’énergie, explique Christophe Chassande du Ministère de l’agriculture. Des consommations qui sont à l’origine de 21% des émissions nationales des gaz à effet de serre (GES). La France est le premier émetteur agricole en Europe. La feuille de route européenne vise à réduire de 42 à 49% ces émissions de GES agricoles d’ici à 2050 par rapport à celles mesurées en 1990. «L’agriculture et la forêt sont parmi les secteurs les plus concernés par la problématique et encore peu mis à contribution» complète le représentant du ministère.
 
Et cela ne sera pas simple. Car une part importante des émissions agricoles sont indirectes. 60 à 70% de l’énergie consommée par le secteur primaire sert à fabriquer des engrais. En se dégrandant, les engrais azotés relarguent du protoxyde d'azote, un puissant gaz à effet de serre (son PRG est 310 supérieur à celui du CO2).
 
Le stockage de carbone dans le bois et les sols apparaît comme l’une des solutions les plus prometteuses pour alléger le bilan carbone de l'agriculture. Les sols de l’Hexagone recèlent 3,2 milliards de tonnes de carbone, à comparer aux 2.000 milliards de tonnes stockés dans les sols émergés de la planète. Présentée par Dominique Arrouays de l’Inra, l’estimation est le fruit des mesures de teneurs de carbone réalisées depuis les années 1980, et de mesures plus ponctuelles établies à partir des masses volumiques –ces dernières dépendent de la teneur en argile, du type de sol, etc.
 
Les teneurs permettent de dessiner les tendances générales, l’évolution du stock, sans le quantifier. Ainsi, pour des régions où les stocks de carbone étaient élevés jusqu’à récemment, comme pour la Bretagne ou la Franche Comté, les teneurs diminuent. Dans une région plus pauvre comme la Picardie, elles ont tendance à se stabiliser. Les changements de pratiques agricoles sont la cause de cette évolution. Le type de culture influence les capacités de stockage du sol.
 
Ainsi les vergers et les vignes sont de moins bonnes éponges à carbone que les tourbières. Pour le scientifique de l’Inra «conserver les stocks existants est aussi important que de chercher à en créer de nouveaux.» Le potentiel de stockage dépend de la nature des sols, de leur tassement, de l’humidité, des cultures etc.
 
Autre outil utilisé, le réseau de mesure de la qualité des sols, lequel vient de publier les résultats de sa première campagne à partir de 2.200 points de prélèvements. Ces valeurs pourraient jouer un rôle de plus en plus important pour l’attribution des aides aux agriculteurs: «elles pourraient servir d’éco conditionnalité pour obtenir les aides de la PAC (Politique agricole commune)», propose Dominique Arrouays.
 
Pour accroître les capacités de puits de carbone des sols agricoles, paysans et scientifiques envisagent différentes solutions: gestion de prairies temporaires, enherbement des vignes et des vergers, travail sans labour (ou semis direct), cultures intermédiaires, qui n’emploient que des engrais verts.
 
L’agroforesterie n’est pas oubliée. En plantant des arbres à proximité des cultures, elle améliore les rendements tout en favorisant la séquestration du carbone. Ainsi la production de biomasse de 70 arbres agroforestiers est à celle de 200 arbres par hectare. Cette pratique retarde aussi le dessèchement des prairies et améliore la qualité de vie des animaux sur une parcelle.


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