Pour plus de prévention dans le bâtiment

Le 23 mai 2006 par Christine Sévillano
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Le ministère chargé du travail souhaite élever le niveau de prévention des entreprises de la construction et mieux cerner les missions de l’organisme paritaire de prévention.

Une convention de partenariat pour 2006-2009 a récemment été signée entre le ministère chargé du travail et l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), qui est sous la tutelle de ce ministère, ainsi que des partenaires sociaux sous le mode paritaire. Il s'agit d'une première du genre visant à élever le niveau de prévention dans les entreprises du secteur de la construction. «Cette démarche rentre dans le cadre du Plan santé au travail, signé en février 2005, car pour le concrétiser, le gouvernement a besoin de s'appuyer sur des organismes et des institutions», explique François Liet, directeur du développement et des prestations de l'OPPBTP. Le texte précise les grandes orientations des travaux de prévention . «Il clarifie notre rôle, même si nous existons depuis plusieurs décennies. En effet, la prévention est un sujet très vaste qui implique de nombreux acteurs, qu'il s'agisse des chefs d'entreprise, des médecins ou même des assureurs», poursuit François Liet.

Quatre grands axes de travail ont été définis, correspondant déjà aux activités de l'OPPBTP. L'organisme doit tout d'abord développer les opérations de sensibilisation avec un effort particulier en direction des PME afin d'instituer une culture de la prévention. Déjà l'an dernier, il avait lancé une grande campagne de communication et de formation au secourisme avec la Croix-rouge à destination des employés et près de 30.000 personnes en ont bénéficié en 3 mois. Il devrait réitérer cette action à la fin 2006 pour 10.000 personnes. L'OPPBTP oeuvre aussi à la création d'un réseau de 10.000 correspondants salariés formés à la prévention des risques afin d'aider leur employeur et leurs collègues à mieux appréhender les dangers. 3.500 salariés ont déjà été formés et quelque 5.000 le seront avant la fin de l'année.

De même, la convention fixe un objectif de 2.000 diagnostics prévention des entreprises appelés Prédiag, soit 8.000 d'ici 2009, et de 3.000 diagnostics prévention de chantiers, les Préchan, soit 12.000 sur les 4 prochaines années. Ces diagnostics, demandés par les entrepreneurs, souvent après un incident dans le deuxième cas, sont menés par les experts de l'OPPBTP gratuitement. Le Prédiag permet de définir le niveau de prévention de l'entreprise après avoir pris en compte l'engagement de la direction, la maîtrise des risques, le retour d'expérience, la formation continue, la veille réglementaire, les équipements de travail, l'organisation du chantier, la structure des secours, l'hygiène et la santé, et enfin l'environnement. «Sur les 5.000 diagnostics déjà réalisés depuis 2001, nous avons souvent constaté des insuffisances dans l'engagement de la direction, la formation continue et le retour d'expérience. Le niveau est toutefois satisfaisant dans l'organisation du chantier, des secours et les équipements de travail», observe le directeur du développement.

A la suite au Prédiag, les entrepreneurs ont la possibilité de signer des contrats de progrès dans lesquels ils s'engagent, a minima, à communiquer à l'ensemble des salariés leur volonté de faire de la prévention avec la réalisation du document unique, à choisir un salarié qui sera formé à la prévention et à dispenser des formations de secourisme. D'autres entreprises vont plus loin en diffusant un guide à l'intention des nouveaux embauchés ou en réalisant des études de postes approfondies. Second axe de travail de l'OPPBTP: le développement des outils pratiques pour l'évaluation des risques à destination des entreprises. Celles qui sont volontaires dans le cadre des Prédiag et des Préchan se voient proposer l'accès aux bases de données documentaires Spoth-BTP sur les solutions pratiques de prévention et Lara-BTP sur les risques chimiques auxquels sont exposés les salariés de ce secteur comme l'amiante, les résines pour les revêtements de sol, les décapants de façade, les solvants ou les bitumes.

L'OPPBTP doit également disposer de moyens de surveillance renforcés. Dans le cadre de l'Observatoire du BTP, il établit déjà des baromètres après des visites impromptues sur des chantiers de toute nature, tels que l'édification de tranchées urbaines, la construction de maisons individuelles ou les ateliers de charpente. Des enquêtes à partir de 30 critères qui ont permis d'affirmer qu'un quart des grues à tour posait problème, ou que 85% des chantiers de pavillons individuels présentaient des insuffisances en matière d'hygiène. «Il s'agit surtout d'enquêtes par métier. Désormais, nous allons davantage travailler sur l'ensemble d'une branche à partir de critères valables quelle que soit l'activité. Le dernier pilier de la convention insiste sur développement des échanges avec l'Etat, ce qui se traduit notamment par la demande d'expertise de l'OPPBTP sur des textes réglementaires français et européens. Ainsi, il a été consulté sur le texte (actuellement en cours de finalisation) concernant l'amiante, et plus particulièrement sur la partie renforcement de la formation aux salariés des entreprises intéressées par le retrait de l'amiante non friable. L'organisme peut également être sollicité pour des activités de jumelage avec d'autres pays.



Les actions de l'OPPBTP sont surtout relayées par les organisations patronales et syndicales. L'organisme dispose d'un budget, attribué par l'Etat, de 30 millions d'euros par an. Plus de 119.000 accidents ont été recensés en 2003 concernant 1,3 million de salariés. Le taux de fréquence (1) des accidents du travail dans le BTP est 2 fois plus élevé que la moyenne nationale et le taux de gravité (2) 3 fois plus important.



(1) Le taux de fréquence correspond au nombre d'accidents avec arrêt multiplié par 1.000.000 et divisé par le nombre d'heures travaillées.

(2) Le taux de gravité correspond au nombre de journées indemnisées multiplié par 1.000 et divisé par le nombre d'heures travaillées.




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