Pour les infirmières enceintes, il est risqué de soigner

Le 25 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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Les risques Deux fois plus de risque pour celles qui travaillent dans un service anti-cancéreux
Les risques Deux fois plus de risque pour celles qui travaillent dans un service anti-cancéreux

L’exposition professionnelle aux médicaments anticancéreux multiplierait par deux les risques de fausse couche chez les infirmières. C’est ce qu’indique une étude réalisée par le centre américain de contrôle des maladies (CDC) et l’institut américain pour l’exposition et la sécurité professionnelle (Niosh) et publiée en janvier 2012 dans la revue médicale American Journal of Obstetrics & Gynecology. D’autres agents couramment utilisés par le personnel soignant, comme les produits de stérilisation ou les rayons X, augmenteraient également les risques d’avortement spontané.

Dans cette étude, l’équipe de chercheurs américains a étudié les liens possibles entre l’exposition à des nuisances professionnelles et le risque d’avortement spontané chez les infirmières. Ils ont ainsi analysé les données recueillies auprès de 116.430 infirmières américaines âgées de 25 à 42 ans. Ils se sont intéressés aux 7.482 femmes enceintes et travaillant durant leur grossesse. Chacune d’elles a été interrogée sur ses conditions de travail: horaires, travail de nuit, port de charge, ou utilisation d’agents potentiellement nocifs tels que les gaz anesthésiants, la chimiothérapie, les médicaments antiviraux ou les agents de stérilisation, enfin les rayons X.

Pour 10% des infirmières interrogées (soit 775 cas), la grossesse a été interrompue par une fausse couche avec des taux variables selon les services: 8,4% dans les services de chirurgie contre 13,1% dans les services spécialisés dans le traitement du cancer. L’étude montre notamment que les soignantes exposées à des traitements anticancéreux (cyclophosphamide, fluorouracile, étoposide) présentent un risque de fausse couche près de 2 fois plus élevé (+ 94%) que pour celles qui travaillent dans les autres services. L’exposition aux produits utilisés pour la stérilisation du matériel (oxyde d’éthylène, formaldéhyde, glutaraldéhyde) et aux rayons X est également associée à une augmentation des risques d’avortement spontané, mais dans des proportions moindres.

Cette étude, basée sur des grossesses survenues pour la plupart entre 1993 et 1998, confirme les résultats d’autres recherches, notamment françaises, publiées depuis une vingtaine d’années. «Les conditions actuelles d’exposition se sont améliorées depuis, mais ces travaux doivent cependant nous rappeler l’importance de prendre en compte le plus en amont possible les risques liés aux produits anticancéreux en cas de grossesse», précise l’INRS.

Selon l’institut, les infirmières ne sont pas les seules concernées par le problème. Les risques concernent également les aides-soignantes, les employées de ménage et les ambulancières qui peuvent être exposées lors de la préparation et de l’administration des traitements, mais également lors de la manipulation des déchets de soin des patients.

 

 



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