Pour les Français, le réchauffement est déjà là

Le 08 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Européens veulent plus de subventions pour isoler leur logement.
Les Européens veulent plus de subventions pour isoler leur logement.

Une vaste étude montre comment les Européens considèrent le changement climatique et ses conséquences. Et les moyens à mettre en œuvre pour s’y préparer.

 

Le sujet est pratiquement ignoré par les candidats à l’élection présidentielle. Il est pourtant bien présent dans la tête de leurs électeurs. Il? C’est le changement climatique. A la question de savoir quels sont les principaux problèmes qui se poseront dans votre pays dans les 20 prochaines années, les Français placent la pollution, les problèmes environnementaux et le changement climatique juste derrière le chômage, la situation économique et l’immigration. Seuls les Norvégiens craignent plus les conséquences du réchauffement.

4.000 Européens interrogés

Cette photographie a été prise à l’occasion d’une vaste étude sur la perception du réchauffement par les Européens (EPCC)[1], conduite en France, au Royaume-Uni, en Norvège et en Allemagne. Quatre pays aux histoires, à la géographie, à la sociologie et au bouquet énergétique différents.

Dans la synthèse qu’elle publie le 7 mars, l’équipe de l’EPCC tire un portrait de la problématique climatique telle qu’elle est perçue par les 4.000 Européens interrogés au printemps 2016. Soit après la campagne d’attentats, pour les Français, mais en pleine période de référendum sur le Brexit, pour les Britanniques.

Les Français sont préoccupés

Est-ce la relative proximité de la COP 21? Les Français apparaissent les plus préoccupés par le réchauffement: 4 sur 10 se disent inquiets, voire très inquiets. Soit deux fois plus que les Britanniques et un bon tiers de plus que les Allemands ou les Norvégiens.

Pour l’écrasante majorité des personnes interrogées (plus de 82%), la réalité du réchauffement ne se pose pas. Elles sont en revanche moins convaincues de la seule responsabilité anthropique dans la montée des températures (entre 4 et 18%). La majorité des interviewés pensent que les changements climatiques sont en partie le fruit de nos activités et en partie le résultat d’un processus naturel.

Les Européens ressentent les effets du réchauffement

Cela étant, plus de 6 Européens sur 10 estiment en ressentir déjà les effets: sécheresse, vagues de chaleur, inondations.

Le climato-scepticisme a causé quelques dégâts. Seule une légère majorité considère que le réchauffement fait l’objet d’un large consensus scientifique. Pour mémoire, plus de 97% des articles publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture considèrent que le réchauffement résulte bien des activités humaines.

Les scientifiques sont décidément mal considérés. Les solutions scientifiques ou technologiques visant à limiter les effets du réchauffement sont vues avec méfiance par les Français: un sur deux ne leur fait pas confiance. Dès lors, que faire? Décarboner, sans doute, le bouquet énergétique. Avec une priorité donnée aux énergies solaires, à l’éolien, à l’hydraulique et à la valorisation de la biomasse. A l’exception du Royaume-Uni, le développement du nucléaire n’est pas souhaité.

Qui pour conduire cette transition énergétique? Tout dépend du pays. Les Français ne jurent que par les collectivités territoriales et les… énergéticiens. Les Allemands font confiance aux gouvernements régional et fédéral, ainsi qu’aux producteurs d’énergie et à la Commission européenne. Très bon score aussi de Bruxelles en Norvège (qui n’est pas membre de l’UE), ainsi que du gouvernement royal. Ironie du sort: c’est en la Commission européenne que les Britanniques ont le plus confiance pour verdir et nucléariser leur mix.

La politique Energie-Climat des Européens

 

France

Allemagne

Norvège

Royaume-Uni

Accroître la taxation des énergies fossiles

Oui à 54%

Oui à 53%

Non à 53%

Oui à 38%

Développer le nucléaire

Non à 38%

Non à 55%

Non à 58%

Oui à 46%

Subvention aux ENR

Oui à 76%

Oui à 69%

Oui à 88%

Oui à 70%

Accroître prix kWh pour réduire la demande

Non à 74%

Non à 67%

Non à 56%

Non à 58%

Subvention à l’isolation des bâtiments

Oui à 74%

Oui à 60%

Oui à 63%

Oui à 66%

Interdiction de la vente de passoires énergétiques

Oui à 65%

Oui à 62%

Oui à 49%

Oui à 53%

Investir fonds publics dans l’adaptation au réchauffement

Oui à 70%

Oui à 71%

Oui à 79%

Oui à 77%

Subventionner l’adaptation dans pays vulnérables

Oui à 56%

Oui à 51%

Oui à 79%

Oui à 53%

 

C’est l’un des paradoxes de cette étude. Une majorité d’Européens se prononce en faveur de l’aide publique pour que les pays du Sud les plus vulnérables puissent se préparer aux conséquences du réchauffement. En revanche, seule une majorité de citoyens norvégiens fait le lien entre effets du réchauffement (sécheresse, perturbation du cycle de l’eau, montée du niveau de la mer) et vagues de réfugiés. Un phénomène que l’on observe déjà dans certaines régions du monde, du Nigeria, au Mexique.

 



[1] Le programme EPCC a été coordonné par l’université de Cardiff. Il a été cofinancé par l’ANR, le conseil norvégien de la recherche, Statoil, l’université de Bergen, le ministère allemand de l’éducation et de la recherche.

 



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