Pour l’OMS, les acides gras trans doivent quitter l’Europe

Le 24 septembre 2014 par Romain Loury
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Boutons les "trans fat" hors d'Europe
Boutons les "trans fat" hors d'Europe
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Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), bannir les acides gras trans d’Europe, les plus mauvais d’un point de vue cardiovasculaire, est chose possible. La preuve, 6 pays l’ont déjà fait, rappelle-t-elle dans son plan d’action 2015-2020 pour la santé et la nutrition en Europe.

En 2003, le Danemark est devenu le premier pays au monde à interdire les acides gras trans dans les produits vendus sur son sol: en seulement un an, tous étaient en règle avec la nouvelle loi, à savoir un seuil maximal de 2 grammes pour 100 g de produit. Cinq autres pays européens l’ont suivi depuis, l’Autriche, la Hongrie, l’Islande, la Norvège et la Suisse.

Un bel exemple à suivre, estime la branche Europe de l’OMS dans son plan d’action Nutrition Santé 2015-2020. D’autant que 5 g par jour d’acides gras trans suffisent à augmenter le risque cardiovasculaire de 23%. En partie grâce à leur interdiction, la mortalité liée à ces maladies a chuté au Danemark de 397,7 cas pour 100.000 habitants en 1980 à 109,3 en 2006, selon des chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon une étude publiée en septembre 2012, les disparités sont énormes d’un pays européen à l’autre. En Allemagne, en France et au Royaume-Uni, un repas riche en acides gras de type trans, combinant fast-food, pop-corn et biscuits, est ainsi passé de plus de 20 g à moins de 2 g entre 2005 et 2009.

Les pays de l’Est restent à la traîne, avec des valeurs souvent comprises entre 10 g et 20 g, voire 30 g. Or il s’agit souvent des mêmes produits que ceux vendus à l’Ouest, ce qui suggère que les efforts de l’industrie pour reformuler ses produits n’ont pas été les mêmes partout. De tels écarts pourraient d’ailleurs expliquer pourquoi l’Europe de l’Est présente une incidence de maladies cardiovasculaires bien plus élevée.

Selon le règlement n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, la Commission européenne dispose jusqu’à décembre 2014 pour présenter un rapport sur l’étiquetage des acides gras trans. Le document devra proposer des «mesures appropriées» pour en diminuer les apports, «y compris, entre autres, la fourniture d’informations aux consommateurs (…) ou l’imposition de restrictions à leur usage».

Aux Etats-Unis, où l’étiquetage des acides gras trans est obligatoire depuis 2006, la Food and Drug Administration (FDA) planche actuellement sur leur interdiction.



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