Pour l’OCDE, les agrocarburants sont chers et inefficaces

Le 17 juillet 2008 par Victor Roux-Goeken
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Comment réduire l’inefficacité et le coût des agrocarburants? En ouvrant le marché, plaide paradoxalement l’OCDE dans un rapport. Mais également en économisant l’énergie.

Aux Etats-Unis, au Canada et dans l’Union européenne, le soutien public aux agrocarburants a atteint 11 milliards de dollars en 2006. «Cette somme devrait passer à 25 milliards par an en moyenne d’ici 2015», calcule Martin von Lampe, analyste de politique agricole à la direction des échanges et de l’agriculture de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il est l’auteur d’un rapport, «Evaluation économique des politiques de soutien aux biocarburants», rendu public mercredi 16 juillet.

Selon cette étude, les programmes subventionnés dans les trois grandes zones entraînent des baisses d'émissions de gaz à effets de serre (GES) modestes, de l'ordre de 1% du total des émissions dues au secteur des transports. «Cela revient à dépenser 960.700 dollars pour éviter l’émission d’une tonne de CO2», illustre l’analyste. Et jusqu’ici, les agrocarburants n’ont permis de remplacer le diesel qu’à hauteur de 1,3% et l’essence à 0,4%, tout en faisant monter le prix des denrées alimentaires de 19 à 25%.

Face à ce noir tableau, outre les économies d’énergie et le développement des carburants de deuxième génération, l’OCDE préconise paradoxalement «une plus grande ouverture des marchés des agrocarburants et des matières premières correspondantes […] pour gagner en efficience et abaisser les coûts». Car l’organisation ne juge pas les agrocarburants inutiles, à condition de mettre l’accent, en ce qui concerne les carburants végétaux de première génération, sur les «tropicaux». L’éthanol brésilien, selon Martin von Lampe, produit à partir de canne à sucre, entraîne une baisse des émissions de GES de 80% par rapport à un carburant classique.

L’OCDE a d’ores et déjà annoncé une future étude sur l’évaluation économique de l’utilisation de la biomasse pour la production de chaleur et d’électricité, pressentie comme plus efficace énergétiquement que la transformation en carburant.


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