Pour l’Efsa, le risque perchlorate est réel chez les enfants

Le 22 octobre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les nourrissons surexposés
Les nourrissons surexposés
DR

Le risque lié aux perchlorates est tangible chez les jeunes enfants, qui sont nombreux à dépasser la dose journalière admissible (DJA), estime l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis publié le 17 octobre.

D’origine naturelle, les perchlorates proviennent également du salpêtre chilien utilisé comme engrais jusque dans les années 1930, ainsi que d’applications l’industrielles (propulseurs de fusée, explosifs, systèmes de déclenchement des airbags, etc.). En France, ils abondent dans le Nord-est de la France, régions où subsistent d’anciennes munitions tirées pendant la Première guerre mondiale.

On les trouve dans de nombreux aliments, dont les fruits et légumes, les produits laitiers, les jus de fruits, la bière, le vin et l’eau minérale. Or ils inhibent l’étape d’incorporation de l’iode dans la thyroïde, étape-clé de la synthèse des hormones thyroïdiennes. D’où un risque particulièrement élevé chez les personnes aux trop faibles apports iodés.

Si plusieurs études ont montré que les enfants étaient particulièrement exposés, l’avis publié par l’Efsa confirme l’importance du problème. D’après les données européennes de contamination des aliments qu’elle a recueillies, l’autorité montre que la DJA, qu’elle fixe à 0,3 µg/kg de poids corporel chez l’adulte, est très fréquemment dépassée chez les jeunes enfants. Or l’hypothyroïdie constitue une cause importante de retard mental.

Les enfants très imprégnés

Chez ceux âgés de 1 an à 3 ans, l’exposition quotidienne serait comprise entre 0,18 µg/kg et 0,41 µg/kg. Quant au 95ème percentile [1], il se situerait entre 0,35 µg/kg et 0,75 µg/kg. Encore rares chez les enfants de moins d’un an, les données suggèrent une exposition encore plus élevée. Des travaux américains ont par ailleurs montré une surabondance de perchlorates dans le lait maternel.

Si la France ne dispose pas de données d’exposition chez les enfants de moins de 3 ans, celles qu’elle a fournies pour les enfants plus âgés, les adolescents et les adultes sont plutôt rassurantes. Comme dans d’autres pays européens, la DJA de 0,3 µg/kg a peu de chances d’être dépassée, même au 95ème percentile.

Quant aux enfants de moins de 3 ans, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a publié en juin un avis révélant un taux élevé de perchlorates dans les laits maternisés. Fixant une valeur toxicologique de référence (VTR) de 0,7 µg/kg/jour, donc bien plus élevée que la DJA de l’Efsa, l’Anses estimait un dépassement possible chez 5% des enfants.

[1] Le 95ème percentile indique la valeur au-dessous de laquelle se situe 95% de la population.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus