Pour l’Efsa, le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien

Le 08 septembre 2017 par Romain Loury
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Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)
Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)

L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en remet une couche sur le glyphosate : après l’avoir blanchi de sa cancérogénicité, elle affirme, dans une étude publiée jeudi 7 septembre, qu’il n’est pas un perturbateur endocrinien.

Voilà une étude qui tombe à point nommé pour le glyphosate: à un mois d’un vote crucial du Scopaff[i] (les 5 et 6 octobre à Bruxelles), au cours duquel ses experts se prononceront sur un renouvellement de son autorisation pour une durée de dix ans, l’Efsa publie une étude selon laquelle ce produit n’est pas un perturbateur endocrinien. Du moins au vu de l’actuel «niveau de preuve».

Lundi 4 septembre, le tribunal de grande instance de Libourne a rendu un non-lieu dans l’affaire de Villeneuve-de-Blaye (Gironde). Rappel des faits: en mai 2014, des écoliers de ce village avaient été intoxiqués en cours, alors que des agriculteurs se livraient dans les vignes voisines à des épandages, alors que le vent dépassait la limite réglementaire. Le juge d’instruction a estimé qu’il n’y avait pas de preuve suffisante liant les épandages aux symptômes ressentis par les enfants, et qu’il existait un doute sur la vitesse du vent –en l’absence de relevés spécifiques à la commune. Partie civile, l’association Générations futures a annoncé qu’elle allait déposer un recours devant la cour d’appel de Bordeaux.

A l’origine de ce travail, l’avis publié en novembre 2015 par l’Efsa, par lequel elle avait conclu que le glyphosate ne présentait pas de risque cancérigène. Et ce en contradiction avec le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui avait annoncé en mars 2015 qu’il allait classer le produit dans sa catégorie 2A, celle des cancérogènes probables.

Dans son avis de novembre 2015, l’Efsa avait noté que des signes d’activité endocrine ne pouvaient être exclus. Ce qui a mis la puce à l’oreille de la Commission européenne: en septembre 2016, a demandé à l’agence européenne de lui fournir une autre évaluation, cette fois-ci sur l’éventuel caractère perturbateur endocrinien du glyphosate.

Après plusieurs échecs en 2016, il n’est pas sûr que la Commission parvienne à faire passer sa nouvelle proposition, lors du prochain vote du Scopaff. Levant les doutes de plusieurs associations, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé fin août que la France continuerait à s’opposer à la proposition.



[i] Comité permanent des animaux, des végétaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux

 



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