Pour l’AIE, les engagements d’émission doivent voir plus loin

Le 09 décembre 2015 par Romain Loury
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Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE
Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE

Trop courts, les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sur 15 ans? Pour Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ce n’est qu’en s’engageant à plus long terme que les Etats permettront aux investisseurs de soutenir la recherche sur de nouvelles technologies.

Certes, il demeure «de nombreux défis», mais les négociations en cours sont «prometteuses» et «nous sommes heureux des progrès faits pour l’instant», soulignait Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, mercredi 9 novembre au matin, soit quelques heures avant une nouvelle publication du projet d’accord.

Point particulièrement encourageant selon lui, le fait que «plus de 30 pays» aient inclus dans leurs INDC[1] un soutien à la recherche et développement (R&D) pour l’innovation technologique. Pourtant, ce n’est qu’en se fixant des engagements à plus long terme que ces initiatives de recherche «seront fortes», et qu’elles «ouvriront l’appétit des investisseurs», pointe Fatih Birol. Et s’il est convaincu que la cible doit être «en dessous de 2°C», la fixer à 1,5°C pourrait motiver encore plus l’innovation technologique.

Autres objectifs, favoriser un «divorce heureux» entre la croissance économique et les émissions, tout en atteignant un pic d’émissions avant 2020. Sur ce dernier point, les récents résultats du Global Carbon Project vont dans le bon sens: s’il est trop tôt pour affirmer qu’un pic a été atteint, son rapport 2015 suggère qu’une petite baisse des émissions de CO2, du fait des énergies fossiles et de l’industrie, pourrait pour la première fois avoir été atteinte cette année.

Le CSC, grand espoir de l’AIE

En l’occurrence, c’est le captage-stockage géologique du CO2 (CSC) qui est particulièrement important pour l’AIE. Outre la quinzaine de projets en cours, une trentaine sont d’ores et déjà prévus à travers le monde. Parmi eux, celui de Gorgon (Australie), site de liquéfaction de gaz naturel qui effectuera du CSC dès 2016, rappelle Kamel Ben Naceur, directeur des politiques et technologies d’énergie durable à l’AIE.

Ce dernier projet permettra la capture de 3,5 à 4 millions de tonnes de CO2 (MtC2) par an, contre 1 Mt pour le projet le plus puissant actuellement, sur la plate-forme norvégienne d’extraction de gaz de Sleipner (Norvège).

«On commence à changer d’échelle», se réjouit Kamel Bennaceur qui, avant d’avoir été ministre tunisien de l’énergie (janvier 2014-février 2015), a lui-même travaillé sur ce sujet pour Schlumberger. «Espérons que les coûts vont baisser», ajoute-t-il: pour l’instant, ils sont de 10 dollars par tonne de CO2 pour le gaz naturel, entre 30 et 50 $t CO2 pour le charbon.

Source d’inquiétude pour l’AIE, la baisse des prix du pétrole et du charbon: ce serait «une erreur historique d’affaiblir le déploiement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique au fur et à mesure que les prix des énergies fossiles diminuent», avertit Fatih Birol. Le directeur de l’AIE a d’ailleurs adressé un bon point à la Chine, dont «la croissance de la demande en charbon ralentit» et qui, en matière de renouvelables, fait «des pas très importants dans la bonne direction».



[1] INDC: contribution décidée à l’échelle nationale

 



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