Pour l’AEE, l’environnement ne doit plus être «un simple bonus»

Le 03 mars 2015 par Romain Loury
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23% des décès prématurés liés à l'environnement
23% des décès prématurés liés à l'environnement
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Pour l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la protection du capital naturel ne doit plus être considérée «comme un simple bonus», mais doit être intégrée «comme une part essentielle de nos politiques économiques et sociales», juge-t-elle dans son rapport quinquennal publié ce mardi 3 février.

 

Au-delà des écosystèmes, c’est aussi la santé humaine et la société qui font les frais des dégâts engendrés à l’environnement, rappelle ce rapport intitulé «L’environnement en Europe – état et perspectives 2015». Exit donc la vision «purement environnementale», la protection du capital naturel «est maintenant inséparable d'un contexte économique et social plus large». Et les atteintes quotidiennes qui lui sont faites, en matière de qualité de l’air et de l’eau, de santé des écosystèmes ou de protection des sols, ont déjà des effets très nets.

Entre autres exemples, les 430.000 décès prématurés liés aux particules fines en Europe en 2011, l’explosion de maladies chroniques liées aux contaminants chimiques dont les perturbateurs endocriniens, la baisse de productivité agricole qui résultera de l’ozone et du réchauffement climatique, ou encore le fait que la mer Baltique dispose de la plus grande zone morte au monde, du fait de l’eutrophisation.

Le «capital naturel», socle de la société humaine

La protection de l’environnement va donc bien au-delà des considérations esthétiques, dans lesquelles les décideurs la cantonnent encore trop souvent. «L'utilisation non durable des ressources naturelles porte non seulement atteinte à la résilience des écosystèmes, mais elle a également des répercussions directes et indirectes sur nos standards de santé et notre manière de vivre. Les modes de consommation et de production actuels améliorent notre qualité de vie mais la mettent paradoxalement en danger dans le même temps», explique l’AEE.

Plutôt que le terme de «nature», trop souvent employé comme extérieur, voire opposé, à l’homme, l’AEE choisit celui de «capital naturel» afin de souligner les conséquences humaines de la dégradation de l’environnement. «Le terme 'capital' est généralement utilisé par les économistes pour décrire un stock –de quoi que ce soit– qui a la capacité de générer un flux (normalement de services et de biens) qui bénéficiera –et sera apprécié par– la population», rappelle l’agence.

«Or le capital naturel est la plus essentielle des formes de capital (les autres étant, par exemple, le capital industriel, humain ou social) car il fournit les conditions fondamentales de l'existence humaine. Ces conditions fondamentales recouvrent des sols fertiles, des forêts multifonctionnelles, des terres et des mers productives, une eau et un air de bonne qualité. Elles comprennent également une foule de services comme la pollinisation, la régulation du climat ou la protection des désastres naturels», ajoute l’AEE.

Vers un «découplage absolu»

Il y a donc urgence à changer la donne, alors que le continent européen dispose d’une empreinte écologique deux fois supérieure à sa surface réelle. «Le modèle actuel de développement économique –basé sur une utilisation croissante des ressources et le rejet d'émissions dangereuses– n'est pas soutenable à long terme. Aujourd'hui déjà, les systèmes de production et de consommation de l'Europe apparaissent vulnérables», juge l’AEE.

Au rythme actuel de dégradation environnementale, il ne suffit plus de savoir si la production augmente plus rapidement que l'utilisation des ressources. Plutôt qu’un «découplage relatif», il faut désormais viser un «découplage absolu», avec une production qui augmente tandis que l’utilisation des ressources baisse.

Au-delà de la survie de l’homme, l’environnement constitue une opportunité économique à ne pas manquer. «L'industrie de l'environnement a augmenté de plus de 50% entre 2000 et 2011. C’est l'un des rares secteurs économiques à prospérer en termes de revenu commercial et de création d'emplois depuis la crise financière de 2008», rappelle l’AEE.



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