Pour éviter la faillite, Londres taxe l’énergie et le CO2

Le 25 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
En taxant les revenus du pétrole écossais, George Osborne irrite ses alliés "Lib-Dem".
En taxant les revenus du pétrole écossais, George Osborne irrite ses alliés "Lib-Dem".

S’il est adopté en l’état, le Budget britannique va renchérir le coût des quotas d’émission de gaz à effet de serre et alourdir la fiscalité des compagnies pétrolières.

 

Paradoxe. C’est un gouvernement conservateur qui renforce la taxation des énergies fossiles et du carbone, une mesure prônée depuis longtemps par les écologistes.

 

Mercredi 23 mars, le chancelier de l’échiquier (l’équivalent du ministre des finances, ndlr) a présenté un budget difficile. Un budget de crise. Au programme: 81 milliards de livres (93 milliards d’euros) de baisses de dépenses publiques, hausse de 30 milliards (34,4 milliards €) des recettes fiscales, suppression de 400.000 postes dans la fonction publique d’ici 2015. Un remède de cheval, seul à même d’éviter au Royaume-Uni la faillite, alors que le déficit public flirte avec les 10% du PIB. «Il n’y a pas de plan B», a d’ailleurs résumé le ministre conservateur devant les parlementaires.

 

Dans les 104 pages du projet de budget 2011 se cachent toutefois des mesures que ne bouderaient pas les économistes verts. Dans un premier temps, le prix plancher des quotas d’émission qui seront mis aux enchères à partir de 2013 sera de 16 livres (18,4 €). Et il sera relevé, petit à petit, pour atteindre les 30 livres (34,4 €) dès 2020. Une mesure qui a fait immédiatement chuter la cote d’électriciens très portés sur le charbon, comme Drax Power.

 

Cette mesure doit générer un double dividende. D’une part accroître les recettes parafiscales: Londres espère tirer un revenu minimum de 3,2 milliards de livres (3,7 milliards €), entre 2013 et 2015 de l’établissement de ce prix plancher. D’autre part, inciter les électriciens à abandonner les modes de production d’électricité très «carboniques» pour leur préférer des sources d’énergie «bas carbone», comme les énergies renouvelables ou le nucléaire.

 

EDF Energy ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Cela va soutenir les investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire, et donc «la production de l'électricité dont le Royaume-Uni a besoin», a commenté Vincent de Rivaz, le patron de la filiale britannique de l’électricien français

 

Les émissions de CO 2 vont donc devenir plus coûteuses et pas seulement pour les électriciens. Car les pétroliers de la mer du Nord vont aussi devoir passer à la caisse. D’ici 2015, Londres prévoit de ponctionner 10 milliards de livres (11,4 milliards €) sur leurs bénéfices. Une décision qui provoque, certes, la colère du lobby pétrolier britannique, mais aussi des partenaires libéraux-démocrates de la coalition au pouvoir à Londres. Les «lib-dem» sont, en effet, l’un des partis les plus puissants d’ écosse, région-phare de l’industrie pétro-gazière britannique.

 

Tout cet argent ne finira pas aspiré par le maelstrom fiscal de sa Majesté. George Osborne prévoit toujours de créer une banque «verte» publique, dès l’an prochain. Cette Green Investment Bank (GIB) sera dotée d’un capital de 3 milliards de livres (3,41 milliards €). Elle devra financer des projets en faveur de l'environnement et pourrait démarrer ses activités dès l'exercice budgétaire 2012/2013, c'est-à-dire un an plus tôt que prévu. Selon les projections réalisées par l’administration Cameron, la GIB pourrait générer jusqu'à 18 milliards de livres (20,5 milliards €) d'investissements dans les infrastructures vertes d'ici 2015.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus