Pour David Cameron, les renouvelables ça commence à bien faire

Le 17 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le premier ministre veut réduire les aides aux ENR et accroître le soutien public au gaz et à l'atome.
Le premier ministre veut réduire les aides aux ENR et accroître le soutien public au gaz et à l'atome.
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«Les gens en ont assez» de ces fermes éoliennes terrestres. «Cela suffit comme ça.» Dans une adresse aux parlementaires, le Premier ministre britannique a été très clair. Interrogé sur sa politique climatique, mardi 16 décembre, par les présidents des commissions parlementaires, David Cameron a confirmé qu’il mettrait fin aux aides publiques aux éoliennes terrestres si le parti conservateur, qu’il dirige, emportait les élections générales du 7 mai 2015.

Le locataire du 10 Downing Street a aussi soutenu l’exploitation de gaz de schiste par fracturation hydraulique. Critiquant le dogmatisme des opposants au fracking, le Premier ministre a rappelé qu’il s’agit d’une «industrie naissante» nécessitant «d’être soutenue par un régime fiscal encourageant». «Le gaz peut jouer un rôle dans un système énergétique décarboné», a-t-il ajouté.

Le soleil ne brille pas assez

Estimant que «le soleil ne brille pas assez au Royaume-Uni», David Cameron a justifié sa politique énergétique, en assurant les députés qu’elle pouvait tout à la fois réduire l’empreinte carbone du Royaume tout en assurant sa sécurité d’approvisionnement énergétique. Une politique où, d’un côté, les aides à l’éolien seraient supprimées, pendant que la construction de nouvelles centrales nucléaires et l’extraction du gaz naturel seraient subventionnées.

Le soutien de David Cameron au gaz et au nucléaire intervient à la veille de l’ouverture des premières enchères du marché britannique de capacité. Ce dispositif prévoit de subventionner, via des enchères un peu complexes, les exploitants de centrales électriques capables d’adapter à tout moment leur production à la demande de National Grid, le gestionnaire des réseaux de transport. Sa vocation est louable: assurer au moindre coût l’approvisionnement en électricité du Royaume.

Subventions au charbon et au nucléaire

Problème: il pourrait permettre de maintenir en vie de vieilles centrales thermiques à flammes, grosses émettrices de CO2. Actuellement, 62.500 mégawatts de capacités électriques sont présélectionnées par National Grid pour participer aux enchères: plus qu’il n’en faut pour assurer l’approvisionnement des sujets d’Elisabeth II. Le quart de ces capacités sont des centrales au charbon, la moitié des centrales au gaz. La liste publiée par National Grid comprend aussi des centrales en projet.

Elle comprend aussi trois grosses centrales au charbon, dont deux sont exploitées par EDF Energy, filiale britannique d’EDF. Selon une note publiée en octobre par l’ONG Sandbag, ces trois installations (de 6 gigawatts électriques de capacités) auraient probablement fermé dans les prochaines années sans les aides du mécanisme de capacité. L’ONG rappelle aussi que si tous ses réacteurs sont finalement qualifiés sur plusieurs années, EDF Energy pourrait engranger jusqu’à 2,6 milliards de livres (3,3 Md€) de subventions en trois ans.



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