Pour conquérir son indépendance énergétique, la Turquie va émettre du CO2

Le 03 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La première centrale nucléaire turque est attendue de pied ferme.
La première centrale nucléaire turque est attendue de pied ferme.

La Turquie a signé, jeudi 3 janvier, avec les Emirats arabes unis un contrat géant qui doit lui permettre de lancer l'exploitation des gisements de charbon du sud-est turc pour alimenter des centrales électriques.

Cet accord intergouvernemental, le plus important jamais signé entre la Turquie et un pays arabe en matière d'énergie, a été paraphé à Ankara par la compagnie nationale d'énergie émiratie TAQA et l'entreprise publique d'électricité turque EUAS.

Le contrat, qui accorde à TAQA le droit de négocier en exclusivité avec EUAS pendant les 6 prochains mois, vise à exploiter les importantes réserves de charbon du bassin d'Afsin-Elbistan, dans le sud de la Turquie, pour alimenter plusieurs centrales électriques.

Dans ce cadre, une centrale existante d'une capacité de 1.400 mégawatts sera modernisée et plusieurs autres nouvelles construites en différents points du bassin minier. Les réserves du gisement d'Afsin-Elbistan sont estimées à 4,4 milliards de tonnes de lignite. Ankara espère y implanter un parc d’une capacité de 8.200 MW. De quoi émettre une petite cinquantaine de millions de tonnes de CO2 par an. L’équivalent de 20% du total des émissions carbonées nationales de 2010.

Pour soutenir la forte croissance de son économie, la Turquie produit actuellement l'essentiel de son énergie électrique à partir de gaz naturel pour l'essentiel importé, notamment de Russie.

Le gouvernement turc a fait du développement de sa production de lignite l'une de ses priorités pour réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de l'étranger.

Le contrat passé avec les Emirats devrait ainsi lui permettre de réduire de 1,2 milliard de dollars (916 millions d’euros) le montant de sa facture d'achat de gaz naturel.

Les alliés occidentaux de la Turquie la pressent de réduire ses achats de gaz iranien. Mais la Turquie a déjà fait savoir qu'elle continuerait à s'approvisionner auprès de son voisin iranien, qui lui fournit déjà 18 à 20% de sa consommation.

Pour doper sa production d'électricité, le gouvernement turc souhaite également construire trois réacteurs nucléaires.

La Russie a été désignée en 2010 pour construire le premier d'entre eux à Akkuyu, dans le sud du pays.

La Turquie négocie actuellement avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud et le Canada pour l'installation d'un deuxième réacteur à proximité de la mer Noire et devrait annoncer le nom du vainqueur de l'appel d'offres d'ici la fin du mois de janvier.

Les groupes français Areva et japonais Mitsubishi Heavy Industries ont déjà fait part de leur intention de se porter candidat pour la construction du troisième.



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