Portables: les difficultés de la recherche

Le 17 juin 2005 par Christine Sévillano
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L'Afsse a publié une réactualisation de ses données sur les effets sanitaires des téléphones portables mais sans apporter de résultats clairs. Quelles sont donc les difficultés des recherches?

Un nouveau rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse) est sorti sur les risques sanitaires liés aux téléphones portables. En fait, il s'agit d'une réactualisation des données de 2003, qui n'apporte pas d'éléments significatifs: l'Afsse consigne les trois dernières études épidémiologiques sur le sujet et indique les résultats des études sur les nouvelles technologies, en particulier sur les stations de base UMTS et les réseaux Wifi. Les chercheurs n'ont pu mettre en évidence aucun effet sanitaire pour ces récents modes de communication.

En somme, peu d'études ont permis de déterminer clairement un lien de causalité entre téléphonie mobile et tumeur au cerveau, qui est le risque éventuel de ce type de communication. Pourtant deux ou trois études apportent des preuves du contraire. Il semble notamment que le portable ait un effet «promoteur» sur les cellules cancéreuses, qui se développent souvent dans le corps humain. Si elles ne sont mises en relation avec aucun promoteur, elles sont détruites par le système immunitaire. Comment expliquer ces études contradictoires? «Le risque de tumeur au cerveau développé par le portable, s'il existe, est très faible, il est donc plus difficile à déterminer, surtout que cette pathologie est rare. Les patients sont peu nombreux à l'échelle nationale, et les résultats peuvent rapidement être faussés», explique Martine Hours, présidente du comité d'experts sur la téléphonie mobile à l'Afsse et chargée de recherche à l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets). Seule une étude au niveau mondial, comme est en train de la mener le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), peut avoir un certain degré de pertinence.

Autre difficulté: la métrologie. Les chercheurs sont confrontés à des mesures d'ondes imprécises en raison de la diversité des sources des champs électromagnétiques, mais aussi en raison de la chaleur émise par les appareils de mesure. «On a souvent oublié les contraintes techniques. Mais nous parvenons progressivement à surmonter les biais, et les études sont de plus en plus fiables», assure Martine Hours. L'Afsse vient d'ailleurs de lancer un appel d'offre sur un appareil de mesure et réalise une étude sur la faisabilité de ce type d'enquête.

L'étude du Circ, qui est dans sa phase d'analyse des résultats, n'était pas basée sur la radiofréquence mais s'est intéressée aux usages des utilisateurs de téléphones portables (nombre d'appel, durée, type de portable utilisé, etc.). Ensuite, les experts croisent les données avec les malades atteints d'une tumeur. En attendant les résultats du Circ, l'Afsse préfère mettre en avant le principe de précaution et recommande de réduire le temps d'exposition au téléphone portable. «Malgré la faiblesse des études, il faut être prudent surtout avec les enfants, dont le cas est particulier puisque leurs capacités cérébrales  sont en phase de développement », conclut Martine Hours.




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