Portables: le risque cancéreux de nouveau confirmé

Le 13 mai 2014 par Romain Loury
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Plus de tumeurs cérébrales chez les gros utilisateurs
Plus de tumeurs cérébrales chez les gros utilisateurs

Menée par une équipe française, une étude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine suggère un risque accru de tumeurs cérébrales chez les personnes utilisant beaucoup leur téléphone portable.

En moyenne, les Français utilisent leur portable 150 minutes par mois, soit 27% de plus qu’en 2000, rappellent Gaëlle Coureau, de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped) à Bordeaux, et ses collègues. De quoi susciter des inquiétudes, alors que la question d’un risque cancéreux lié aux ondes électromagnétiques, dont celles émanant du portable, est loin d’être tranchée.

En mai 2010, l’étude internationale Interphone avait révélé l’absence de risque pour l’ensemble de la population utilisant un portable, mais un risque accru de gliome, un type de tumeur cérébrale, chez les plus gros utilisateurs (voir le JDLE). Ce risque était particulièrement marqué pour les tumeurs situées du côté du téléphone.

C’est d’ailleurs en partie grâce à ces résultats que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a décidé, fin mai 2011, de classer les ondes électromagnétiques comme «cancérogènes possibles».

Risque de gliome multiplié par 4,21

Intitulée Cerenat, l’étude publiée par l’équipe bordelaise semble conforter ces conclusions: menée sur 253 cas de gliome, 194 de méningiome et 892 contrôles résidant en Gironde, dans le Calvados, dans la Manche et dans l’Hérault, elle montre un risque de gliome multiplié par 4,21 chez les personnes utilisant leur portable plus de 15 heures par mois (l’équivalent d’une demi-heure par jour), par rapport aux utilisateurs non réguliers.

Même tendance pour les méningiomes, avec un risque multiplié par 2,01, sans atteindre la significativité statistique.

Ce risque était observé aussi bien lorsque les chercheurs analysaient le temps cumulé au téléphone, que lorsqu’ils se penchaient sur le nombre d’appels. Comme dans Interphone, pas de différence notable entre utilisateurs et non-utilisateurs. De même, les chercheurs notent une tendance en faveur des tumeurs au niveau de la tempe, du côté où le téléphone est utilisé.

Une «preuve supplémentaire» pour Priartém

Selon l’association Priartém, «cette étude constitue donc une preuve supplémentaire de l’effet potentiellement cancérigène du téléphone portable. Combien de preuves faudra-t-il encore pour de réelles mesures de protection de la population et tout particulièrement des enfants?».

Quant à Robin des toits, il s’insurge contre une dangerosité supposée plus importante de nos jours: «les portables sont plus toxiques aujourd'hui. Plus en puissance, un smartphone ayant un DAS [débit d’absorption spécifique] de 1W/m² [1] environ contre 0,5 pour un portable Nokia de 1995», estime l’association dans une lettre ouverte au Premier ministre Manuel Valls.

Lors d’un comparatif de produits publié fin avril sur le site quechoisir.org, 45 des 225 smartphones testés excédaient un DAS de 1 W/kg, dont 25 se situant au-dessus de 1,2 W/kg. Quant aux téléphones portables, 16 des 49 testés étaient au-dessus de 1 W/kg, 5 au-dessus de 1,2 W/kg.

[1] W/m2: watt par mètre carré. Il s’agit plus probablement de W/kg, l’unité de mesure du DAS. Dans l’UE, le DAS est limité à 2 W/kg.



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