Portables: des effets sanitaires chez le rat

Le 07 février 2018 par Romain Loury
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Plusieurs types de cancers
Plusieurs types de cancers

Une étude menée pour le compte du National Toxicology Programme confirme un risque accru de plusieurs pathologies cancéreuses chez des rats exposés à des ondes issus de téléphones mobiles.

C’est un nouvel argument de poids pour les associations qui militent contre la saturation de l’environnement par les ondes: publiées vendredi 2 février par le NTP, de l’Institut national des sciences en santé environnementale (NIEHS), deux larges études menées sur le rat et la souris, exposées pendant deux ans à raison de 10 minutes on et 10 minutes off, semblent confirmer plusieurs types de cancers en cas d’exposition prolongée à des ondes, dans les deux systèmes GSM (Europe) et CDMA (Amérique du Nord).

Certes, ces études restent à interpréter avec prudence: d’une part, les résultats ne sont vraiment évocateurs que chez les rats mâles, alors qu’ils sont bien moins tranchés chez les rats femelles et chez les souris. Par ailleurs, les rats du groupe contrôle présentaient une moindre survie que ceux des divers groupes exposés, du fait d’une plus grande fréquence de maladies rénales –probablement un artefact.

Cœur, cerveau, prostate, etc.

Chez les rats mâles, plusieurs effets sont notés, avec un bon degré de certitude statistique, telles que des tumeurs nerveuses affectant la région cardiaque, mais aussi des tumeurs dans d’autres organes, tels que le cerveau, la prostate, l’hypophyse, les glandes surrénales, le foie et le pancréas, ainsi que des cardiomyopathies liées à des dommages au muscle cardiaque.

Les chercheurs notent également des effets génotoxiques (dommages à l’ADN, précurseurs de cancérogénèse), ainsi qu’un moindre poids à la naissance chez les fœtus dont la mère a été exposée pendant la grossesse, mais sans conséquence ultérieure en termes de croissance.

Des tumeurs observées chez l’homme

Les chercheurs se montrent prudents dans l’interprétation des résultats, voire ambigus: «le niveau et la durée d’exposition aux ondes étaient beaucoup plus grandes que ce à quoi les gens ont recours, même avec la plus grosse dose d’utilisation, et du fait que les rongeurs étaient exposés en corps entier. Ces résultats ne doivent pas être extrapolés de manière directe à l’homme», note John Bucher, scientifique au NTP.

«Nous notons toutefois que les tumeurs que nous voyons sont celles qui ont été rapportées dans certaines études menées chez des utilisateurs fréquents de portables», ajoute-t-il.

Pour Marc Arazi, lanceur d’alerte français qui se bat pour obtenir la publication des résultats de DAS des portables mis sur le marché, «la majeure partie des portables mis sur le marché ont atteint des niveaux supérieurs à ceux testés». «Il est désormais nécessaire de faire des études sur les macaques, afin de tester chez un organisme plus proche de l’homme», ajoute-t-il. Une observation qu’il compte faire auprès du NTP, lors de la revue externe de ces résultats, qui aura lieu du 26 au 28 mars.



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