Pomme de terre Amflora: le "oui, mais" du HCB

Le 28 juillet 2010 par Sabine Casalonga
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Le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) ne s’oppose pas à la culture de la pomme de terre Amflora mais propose une série de mesures d’accompagnement dans l’hypothèse où celle-ci serait autorisée en France, dans son avis publié le 28 juillet suite à la saisine du ministère de l’agriculture du 11 mars dernier.

Développée par le groupe allemand BASF, cette pomme de terre a été génétiquement modifiée de façon à produire un amidon enrichi en amylopectine, composant utilisé en industrie, notamment pour la fabrication de papier. Le HCB fait valoir qu’« Amflora n’est pas destinée à l’alimentation humaine (…) mais essentiellement à l’industrie papetière ». Les co-produits de la transformation industrielle de l’amidon pourraient toutefois être utilisés dans l’alimentation animale.

La mise en culture et l’utilisation d’Amflora dans l’industrie et l’alimentation animale ont été autorisées le 2 mars 2010 par la Commission européenne, dans une décision inédite depuis le feu vert donné au maïs Mon 810 en 1998 (voir le JDLE du 3 mars 2010).

L’avis du HCB est composé d’un avis du Comité scientifique (CS), et d’une recommandation du Comité économique, éthique et social (CEES).

Le CS rappelle que les études conduites à ce jour n’ont pas identifié de risque majeur lié à la consommation de l’OGM mais note que faute de données sur la puissance statistique des tests évalués  « il est impossible d'évaluer le risque qu'un effet biologiquement significatif ne soit pas détecté avec les protocoles adoptés ».

Le CS a en revanche exclu le risque lié à la présence d’un gène de résistance à des antibiotiques dans la pomme de terre Amflora, cette résistance étant déjà naturellement présente dans l’environnement et le risque de transfert aux bactéries du sol, très peu probable.

Pour les scientifiques, « la culture de cette pomme de terre ne constituerait pas de risque particulier pour l’environnement », du fait de risques de dissémination limités. Ils recommandent toutefois « l’adoption de mesures appropriées pour minimiser le risque résiduel de dissémination et assurer la coexistence des filières».

De son côté, le CEES diverge sur la question du gène marqueur de résistance aux antibiotiques. « Certains estiment que, du fait du manque de manque de connaissances sur la microbiologie du sol, une précaution maximale devrait être adoptée sous forme d’interdiction d’Amflora, souligne le HCB. D'autres invitent à prendre acte de l'absence de risque à laquelle concluent les scientifiques et observent que le principe de précaution n’implique en rien de parvenir à un hypothétique risque zéro ». Par ailleurs, le CEES observe que « dans le contexte économique actuel, la pomme de terre Amflora ne présente qu'une utilité limitée pour les acteurs des filières féculière et papetière françaises ».

En cas de décision positive sur la culture d’Amflora, le HCB recommande donc de renforcer les plans de surveillance des impacts sanitaires, sociaux et économiques, et de mettre en place de règles de coexistence des cultures transgéniques et non transgéniques. A cet égard, ses préconisations seront subordonnées au décret définissant le « sans OGM ». En novembre dernier, le HCB avait rendu un avis à ce sujet resté pour l’heure lettre morte (voir le JDLE).

Dans un communiqué commun, les ministères chargés de l’environnement, de la recherche, de l’agriculture et le secrétariat d’Etat à l’écologie indiquent avoir pris connaissance de l’avis du HCB. Sur lequel le gouvernement se fondera pour prendre toute décision relative à la pomme de terre Amflora, bien qu’ « à ce stade, néanmoins, aucun opérateur ne souhaite développer cette culture en France ». La France rappelle par ailleurs qu’elle attend l’application des conclusions du Conseil Environnement de décembre 2008 sur le renforcement de l’évaluation environnementale et socio-économique communautaire des OGM et demande qu’un bilan en soit présenté rapidement aux Etats membres.

 

Dans le JDLE du 15 juin 2009 « Impact des OGM: «désaccord» scientifique à l’Efsa »

Télécharger l’avis et les recommandations du HCB

 



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