Polyacrylamides et produits cosmétiques

Le 18 février 2005 par Ludivine Hamy
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chemie
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A partir de quelle teneur résiduelle en acrylamide, un produit cosmétique est-il potentiellement dangereux ? La Commission européenne a fixé la barre très bas. Une société française récuse cette décision

Le 15 avril 2002, la Commission européenne a décidé, sur recommandation du Comité scientifique des produits cosmétiques et des produits non alimentaires destinés aux consommateurs (SCCNFP), de réduire la teneur en polyacrylamides dans les produits cosmétiques. Ainsi, désormais, en vertu de la directive 2002/34/CE (1) les fabricants de cosmétiques sont tenus d'assurer une teneur résiduelle maximale en polyacrylamides de 0,1 mg/kg pour les produits de soins corporels ne nécessitant pas de rinçage, et de 0,5 mg/kg pour les autres produits cosmétiques.

Les polyacrylamides, ou floculants organiques synthétiques, sont utilisés dans de nombreux domaines industriels : traitement des eaux, traitement des minerais, papeterie, industries chimiques, cosmétique. etc. Ils s'appliquent aux opérations de séparation solide/liquide (décantation, flottation, filtration, déshydratation des boues) et sont utilisés, en matière cosmétique, pour leurs vertus épaississantes.

Considérant cette restriction comme «draconienne» et «injustifiée d'un point de vue scientifique», la société SNF Floerger (2), leader mondial sur le marché des floculants synthétiques (25 % du marché mondial), a déposé auprès du tribunal de première instance (TPI) des communautés européennes un recours en annulation. Selon SNF, l'utilisation de polyacrylamides ne présente aucun danger pour la santé. Se fondant sur ses propres travaux de R&D, ainsi que sur une étude américaine du Comité scientifique de la cosmétique (Cosmetic Ingredient Review) (3), SNF affirme que l'absorption d'acrylamides en cutané est très faible et que leur concentration dans les produits finis est d'ores et déjà extrêmement réduite. Selon Dennis Marroni, responsable des affaires réglementaires de SNF, « la décision de la Commission est une décision politique, prise sous la pression d'un membre scandinave du SCCNFP qui se bat depuis plusieurs années pour limiter drastiquement l'utilisation des polyacrylamides. Il ne s'agit, en aucun cas, d'une décision scientifique». C'est pourquoi la société SNF demande aujourd'hui que soit menée une « véritable évaluation scientifique » afin de déterminer, une fois pour toute, la dangerosité ou l'innocuité des acrylamides.

Pour l'heure, le recours en annulation de SNF a été jugé irrecevable par le TPI. Mais SNF ne compte pas en rester là. Faisant de cette affaire une « question de principe », la société stéphanoise a fait appel et compte, si besoin est, porter le cas jusque devant la Cour internationale de justice de La Haye. En attendant, SNF a arrêté de commercialiser ses polyacrylamides à vocation cosmétique sur le marché européen. Elle continue, en revanche, à en vendre aux Etats-Unis et sur tous les autres marchés mondiaux où les teneurs résiduelles maximales en acrylamide ne sont pas limités aussi drastiquement.

(1) Directive 2002/34/CE du 15 avril 2002 portant adaptation au progrès technique des annexes II, III et VII de la directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques

(2) SNF SA - ZAC de Milieux 42163 Andrézieux Cedex France / Tel : +33 (0)4 77 36 86 00 Fax :+33 (0)4 77 36 86 96 E-mail :
floerger@snf.fr

(3) http://www.cir-safety.org




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