Pollutions en Terre des feux: l’Italie envoie l’armée

Le 15 janvier 2014 par Stéphanie Senet
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L'association Legambiente demande que les terres et les aquifères contaminés soient rapidement identifiés
L'association Legambiente demande que les terres et les aquifères contaminés soient rapidement identifiés

Pour régler le problème des décharges illégales autour de Naples, dans la région surnommée «la Terre des feux», le gouvernement italien a finalement décidé d’employer les grands moyens.

Le feu vert a en effet été donné, le 14 janvier, au déploiement de l’armée, dans cette partie de la Campanie située au nord-est de Naples. «L’armée est envoyée pour lutter de façon plus efficace contre le phénomène de la mafia de l’environnement, entre Naples et Caserte», a déclaré le secrétaire d’Etat à la défense, Giocchino Alfano.

Pour montrer sa détermination, le gouvernement a demandé aux carabiniers d’ouvrir, à la pelle mécanique, une fosse réputée contenir des déchets toxiques, devant une foule de journalistes. Sans grand succès, à l’heure où nous mettons en ligne.

La mafia napolitaine –la Camorra- s’est lancée dans le traitement illégal des déchets dans les années 1980. Scories de l’industrie métallurgique, poussières, boues de peinture, déchets liquides contaminés par des métaux lourds, déchets amiantés et pétrochimiques… La Terre des feux a servi de poubelle aux déchets les plus dangereux, déversés en général pendant la nuit. Selon l’association de protection de l’environnement Legambiente, au moins 10 millions de tonnes de déchets auraient ainsi été «traités» entre 1991 et 2013.

Les fumées toxiques émanant des décharges ainsi que la pollution des eaux par l’arsenic et des métaux lourds sont responsables d’une recrudescence des cas de cancer, d’allergies et de malformations congénitales. 1,5 million de personnes y sont exposées selon l’ONG italienne.

Le 3 décembre dernier, le Premier ministre Vittorio Letta avait annoncé un nouveau décret pénalisant l’enfouissement illégal des déchets et dégagé une enveloppe de 600 millions d’euros pour le combattre. Ce décret est aujourd’hui en cours de discussion à la Chambre des députés. Legambiente estime que le texte aurait pu être beaucoup plus ambitieux, «en créant rapidement des organes de contrôle, de surveillance et de réhabilitation permettant d’identifier précisément les terres agricoles et les aquifères contaminés», affirme Rossella Muroni, sa directrice générale.

Le gouvernement avait déjà envoyé l’armée en 2008 et en 2011 à Naples, mais pour une autre raison: les soldats avaient collecté les déchets amassés dans les rues puis les avaient transportés dans des sites d’enfouissement de la région, en raison d’une saturation des décharges napolitaines.



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