Pollution oblige, les Pékinois sont invités à rester chez eux

Le 14 janvier 2013 par Stéphanie Senet
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Un nuage de pollution enveloppe Pékin
Un nuage de pollution enveloppe Pékin

Pékin a de nouveau pulvérisé ses records de pollution atmosphérique, les 12 et 13 janvier derniers, avec des niveaux 30 à 40 fois supérieurs aux seuils de recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon le centre environnemental municipal, qui rend désormais publics les niveaux de pollution heure par heure (voir JDLE) et dont le site n’a pas résisté à l’affluence, les particules fines PM 2,5 (particules dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 micromètres) ont dépassé 900 microgrammes par mètre cube le 13 janvier alors que la valeur-guide de l’Organisation mondiale de la santé s’élève à 25 µg/m3 sur 24 heures et que le danger est réel dès 300 µg/m3.

De son côté, l’ambassade américaine à Pékin a annoncé des niveaux de particules fines atteignant 755 µg/m3 le 12 janvier et 886 µg/m3 le lendemain (1), expliquant qu’il s’agissait des pires résultats jamais enregistrés depuis le début de la collecte des données, en 2008.

Ce 14 janvier, les taux étaient redescendus à 350 µg/m3 mais l’état d’alerte reste maintenu jusqu’au 16 janvier, en raison de l’absence de vent.

Alors qu’un épais brouillard enveloppe le ciel de la capitale chinoise depuis le 11 janvier, le centre d’alerte sur la pollution a conseillé aux Pékinois de ne pas sortir de chez eux et de ne pas utiliser leur voiture en raison des risques accrus d’asthme et de maladies respiratoires, indique l’agence de presse Xinhua.

Signe de l’épais nuage de pollution, les véhicules circulent ce 14 janvier avec les feux allumés et les gratte-ciel sont perdus dans la brume. Dans les hôpitaux, de nombreux patients se plaignent d’insuffisance cardiaque et respiratoire. Selon l’OMS, une exposition prolongée aux PM 2,5 accroît également les risques de cancer du poumon.

 «C’est réellement le pire record observé non seulement par le centre chinois mais aussi par l’ambassade américaine. Il faut ajouter que certaines villes de la province du Hebei [dans l’est de la Chine, où se trouvent 4 des 10 villes les plus polluées de Chine, ndlr] ont même dépassé les records pékinois», a précisé Zhou Rong, chargé de campagne Climat et énergie à Greenpeace. Les autorités régionales ont même déclaré, pour la première fois, l’état de catastrophe naturelle (niveau 4) en raison de la pollution.

Même son de cloche pour Li Yan, également chargé de campagne à Greenpeace, qui estime que «le problème étant surtout régional, il est nécessaire de réduire la pollution des régions voisines, comme le Hebei, Tianjin, ou la Mongolie intérieure, pour régler la pollution de la capitale».

De nombreuses régions n’ont toujours pas pris d’engagement pour réduire la pollution de l’air, essentiellement due au recours massif au charbon, à l’industrialisation galopante et à l’essor des voitures. Chauffage oblige, l’hiver est d’ailleurs la saison qui connaît les plus fortes pollutions.

Selon la Banque mondiale, l’Empire du milieu comprend 16 des 20 villes les plus polluées au monde.

(1) Les Etats-Unis et la Chine ont deux méthodes différentes d’évaluation de la qualité de l’air atmosphérique.



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