Pollution massive au cadmium en Chine

Le 31 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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300 tonnes de chlorure de polyaluminium et de soude caustique ont été déversées depuis la mi-janvier dans la rivière Longjiang, au sud de la Chine. En cause, une importante pollution au cadmium, détectée dès le 15 janvier après la mort de poissons.

Le chlorure de polyaluminium et la soude caustique permettent de floculer le cadmium, pour mieux le filtrer et ainsi protéger les captages d’eau potable alimentant la ville de Liuzhou qui compte 3,2 millions d’habitants.

Six entreprises et une mine sont suspectées d’être à l’origine de cette pollution massive. Le cadmium étant notamment utilisé dans la fabrication des batteries. La société minière Jinhe Mining Co a été désignée comme la principale fautive pour les rejets de cadmium, mais les autorités chinoises ont décidé d'élargir leurs actions répressives. Elles ont donc placé en garde à vue les 7 dirigeants d'entreprise suspectés d'être responsables de rejets toxiques dans la rivière, a rapporté, ce mardi 31 janvier, la presse officielle.

«Ces cadres industriels gèrent des usines chimiques dans la région autonome du Guangxi», a indiqué Feng Zhennian, un responsable des autorités locales chargées de la protection de l'environnement, cité le 30 janvier par l'agence Chine nouvelle. L’arrestation des responsables a entrainé la fermeture des usines.

Des niveaux de cadmium, dépassant dans certains endroits 25 fois la norme permise en Chine, ont été relevés dans le cours d'eau. Ce qui a provoqué une ruée sur l'eau en bouteille à Liuzhou. La commune de Liujiang, qui dépasse 1,5 million d'habitants, est aussi menacée.

Au niveau du barrage de Nuomintan, situé à 60 kilomètres en amont de la ville, la concentration de ce cancérigène qui affecte les poumons, le foie et les reins, est 8 fois supérieure aux valeurs-limites. La pollution concerne  la rivière Longjiang sur une centaine de kilomètres, mais elle aurait pu atteindre Hong Kong ou Macao.

«L'heure est grave, car l'eau potable en aval est en péril», a déclaré à Chine nouvelle He Xinxing, le maire de la ville de Hechi d'où est partie la contamination.

Le gouvernement a mobilisé des milliers de militaires pour ériger des barrages d’urgence et déverser des floculants afin de neutraliser le cadmium. Depuis la fermeture des usines, il semblerait que les rejets de cadmium aient été stoppés et que la pollution soit maintenant contenue.

Les déversements accidentels de produits chimiques, aux graves conséquences pour la santé, sont fréquents en Chine, où le respect de l'environnement est encore souvent sacrifié sur l'autel de la croissance économique.

Et même si le gouvernement chinois a investi, au cours des dernières années, près de 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) pour améliorer la qualité des rivières, 300 millions de Chinois n’ont toujours pas accès à une eau propre.

 



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