Pollution: la lourde facture sanitaire des camions européens

Le 05 mars 2013 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La directive Eurovignette invite les Etats à taxer le transport routier
La directive Eurovignette invite les Etats à taxer le transport routier

En plein débat sur la disparition de l’avantage fiscal du diesel en France, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publie, à point nommé, un rapport sur le coût sanitaire de la pollution atmosphérique liée au transport routier.

Selon son estimation, les émissions des véhicules circulant sur les routes européennes affichent un coût de près de 100 milliards d’euros par an pour la collectivité (1).

Le trafic des poids lourds est responsable de la près de la moitié de cette facture, avec un coût annuel évalué entre 43 et 46 Md€. Le rapport précise que les camions génèrent de 40 à 50% de la pollution par les oxydes d’azote (NOx) et ajoute que le diesel, souvent utilisé par les poids lourds, produit plus de pollution que l’essence et qu’il a été classé en juin 2012 comme cancérogène pour l’homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer.

Plus précisément, l’étude de l’AEE révèle les variations européennes des coûts de la pollution. Ils peuvent en effet être 16 fois plus élevés selon les Etats. C’est en Suisse que se trouvent les factures les plus lourdes: 0,12 €/km pour un camion de 12/14 tonnes de norme 3. L’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, le Luxembourg et la Roumanie affichent également des taux élevés, de l’ordre de 0,08 €/km en raison de fortes densités de population au sein de régions enclavées ou montagneuses, où la pollution se dissipe moins vite.

Tous véhicules confondus et toujours d’un point de vue sanitaire, la pollution due aux PM2,5 coûte 86€/kg d’émissions aux Pays-Bas, 83€ en Belgique, 70€ en Suisse, 47€ en France. Celle due aux oxydes d’azote (NOx) s’élève à 27€/kg en Suisse, à 18€ en Allemagne, Roumanie, Luxembourg, Autriche, Italie, et à 17€ en France.

Or les Etats membres disposent d’un outil réglementaire leur permettant d’intégrer ce coût, dès cette année, dans leurs dispositifs de tarification des routes nationales et des autoroutes, via la directive Eurovignette de 2011. «Les économies européennes reposent sur le transport de marchandises sur de longues distances. Mais il y a également un coût caché qui se paie en années de problèmes de santé et en vies perdues. Ce coût est particulièrement élevé pour les personnes vivant à proximité des principaux axes européens de transport. En intégrant ce coût au prix des marchandises, nous pouvons encourager des méthodes de transport plus saines et des technologies plus propres», propose Jacqueline Mc Glade, directrice exécutive de l’AEE.

Reste que le lobby du transport routier freine l’évolution de la fiscalité nationale, comme le montrent en France les reports successifs de l’entrée en vigueur de l’éco-taxe poids lourds depuis 2011 (voir JDLE).

(1)Cela correspond à 3 millions de jours de congé maladie par an et à 350.000 décès prématurés. L’AEE a étudié les coûts sanitaires de 66 catégories de véhicules en fonction de 3 types de route (périurbaines, nationales et autoroutes) situés dans 30 pays et 108 villes et s’est basée sur les émissions de N, NOx et de particules fines PM2,5.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus