Pollution et risques industriels: état des lieux en Ile-de-France

Le 23 novembre 2009 par Sabine Casalonga
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usine dans la nature
usine dans la nature

Vendredi 20 novembre, la Drire d’Ile-de-France a dressé le bilan 2008 de l’état de l’environnement industriel et de ses actions. Aujourd’hui, la priorité est à la maîtrise de l’urbanisation à proximité des sites Seveso via la finalisation des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) d’ici fin 2011, ainsi qu’à la réduction des pollutions à fort impact sanitaire.

«La situation de l’environnement industriel francilien est globalement en amélioration», affirme Bernard Doroszczuk, le directeur régional de l’Industrie, de la recherche et de l’environnement d’Ile-de-France. Tout d’abord, le risque accidentel serait mieux maîtrisé. L’action de l’Inspection des installations classées a en effet été renforcée en 2008 avec plus de 2.300 contrôles sur site (+ 11% par rapport à 2007), assortis de 398 mises en demeure préfectorales, 75 sanctions administratives et 171 procès-verbaux. Reste que 100 accidents industriels -avec des conséquences humaines et environnementales limitées- ont été encore recensés en 2008 (contre 84 en 2007). En matière de prévention des risques industriels, près de 15 millions d’euros ont été investis par les entreprises (mesures de réduction du risque accidentel à la source) sur demande de l’administration dans le cadre des contrôles annuels systématiques des 37 sites Seveso seuils hauts (les plus dangereux).

La maîtrise de l’urbanisation autour des sites à risques sera la priorité numéro 1, imposée par le ministère chargé de l’environnement, afin de rattraper le retard dans la mise en place des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) sur les territoires accueillant des sites industriels classés Seveso seuil haut. Pour mémoire, la loi AZF ou loi Bachelot de 2003 prévoyait que les 421 PPRT nationaux soient finalisés fin 2008. Seuls 5 avaient été approuvés en mai dernier (1). Ces plans introduisent notamment la possibilité d’exproprier les habitations à proximité immédiate d’un site Seveso. En Ile-de-France, 28 PPRT devront être achevés d’ici fin 2011, dont 17 ont déjà été prescrits [ce qui correspond à l’achèvement de l’étape de dialogue technique entre Drire et exploitants]. «Un premier PPRT, dont l’enquête publique est en cours, sera approuvé au premier semestre 2010, autour du dépôt pétrolier de l’aéroport de Roissy», souligne Sébastien Dessillons, chef du service régional de l'environnement industriel de la Drire. Les mesures foncières éventuelles prises à l’issue du plan sont estimées à 60 millions €, financées de façon tripartite (Etat, collectivités et industrie). Le coût des études préalables d’analyse de la vulnérabilité des bâtiments autour des sites pris en charge par l’Etat s’est élevé à 500.000 €.

L’année 2008 a également vu se poursuivre la tendance à la baisse des émissions polluantes d’origine industrielle. Ainsi, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont été pratiquement divisées par deux entre 2001 et 2008 (14.230 tonnes) et celles de dioxyde de soufre par trois. «Cela s’explique en partie par une baisse d’activité, mais aussi par des améliorations des process industriels. Depuis 2004, les incinérateurs ont ainsi divisé par quatre leurs émissions.» L’interdiction des centrales à charbon d’ici 2015 devrait contribuer à faire encore baisser les émissions. Pourtant la qualité de l’air reste mauvaise, respectivement 3,2 millions et 1,3 million de Franciliens étant exposés à des taux de pollution supérieurs aux valeurs limites européennes en NOx et particules fines de l’air. Cela s’explique par la part, désormais prépondérante, des autres sources de pollution (transport et secteur résidentiel tertiaire). Pour les NOx par exemple, la part de l’industrie s’élève à 15%, celle du trafic routier à 53% et celle du chauffage à 19%.

Pour les années à venir, la Drire a pour objectif de réduire les émissions à fort impact sanitaire, notamment celles des substances prioritaires du Plan national santé environnement II (benzène, PCB, dioxines, mercures, etc.) et les substances dangereuses dans l’eau visées par la directive-cadre sur l’eau. Enfin, dans le cadre du plan de relance, 7 millions € seront consacrés à la réhabilitation de 5 friches industrielles, alors que la région recense 10% des sites et sols pollués nationaux.

Enfin, les industries d’Ile-de-France ne font pas exception: comme 1.450 sites sur le territoire, elles sont concernées par la mise en demeure adressée à la France pour son retard dans l’application de la directive relative à la prévention et à la réduction intégrées de la pollution (IPPC) par la Commission européenne (2, 3). «Si tous les sites franciliens disposent d’un permis d’exploitation, la mise en œuvre des meilleures technologies disponibles (MTD) n'est pas encore totalement achevée. C’est une de nos priorités d’action, confirme le directeur de la Drire. Le travail est achevé sur 80% des sites relevant de la directive. En janvier 2010, il restera encore une vingtaine de sites à analyser.»

(1) Dans le JDLE «Les PPRT ou ‘Plus de Police pour Rattraper le Temps perdu’»
(2) Dans le JDLE «Encore trop d’installations industrielles sans autorisation en Europe»
(3) Dans le JDLE «Directive IPPC: le ministère réagit à la mise en demeure de la France»


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