Pollution du Rhône aux PCB

Le 10 août 2007 par Claire Avignon
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lyon9_rhone
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Selon l’AFP, depuis mardi, il est interdit de consommer tout poisson pêché dans le Rhône en raison d'une pollution sans précédent aux polychlorobiphényles (PCB) qui concerne désormais la quasi-totalité du bassin français du fleuve, de l'est de Lyon à la Méditerranée.

L'interdiction de consommation des poissons du Rhône, adoptée dès septembre 2006 à Lyon, avait été élargie en février 2007 à l'Ain (depuis le barrage de Sault-Brénaz, à 55 kilomètres à l'est de Lyon), l'Isère, puis en juin à l'Ardèche et la Drôme.

Interdits à la vente en France depuis 1987, les PCB sont connus pour entraîner chez l'homme, s'ils sont ingérés régulièrement sur de longues périodes, des problèmes de fertilité, de croissance, ou bien des cancers. Utilisés dans les transformateurs électriques, ils font partie des 12 polluants chimiques particulièrement dangereux, aussi appelés par l'Onu polluants organiques persistants (POP).

Une nouvelle expertise de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sera effectuée d'ici l'automne.

La préfecture de la région Rhône-Alpes, coordinatrice du bassin du Rhône, a par ailleurs confié une enquête à la Direction régionale de l'environnement (Diren) pour rechercher les causes de cette contamination, ses conséquences, ainsi que la manière de la juguler. Un pré-rapport de synthèse a conclu que les sources de contamination étaient «anciennes, multiples et difficilement identifiables».

«La pollution ne peut venir que du relargage de déchets», a indiqué à l'AFP la directrice départementale des services vétérinaires des Bouches-du-Rhône, Joëlle Feliot. Selon elle, la Drire a conclu qu'il n'y avait pas de rejets dans les Bouches-du-Rhône, «mais probablement en amont».

Interrogée sur les rejets de l'usine Trédi de Saint-Vulbas (Ain), l'une des deux en France habilitées à retraiter les appareils contenant des PCB et à rejeter de faibles quantités de ce produit dans le Rhône, elle a déclaré: «Ce sont des installations classées soumises à des normes très strictes. (...) La Drire de l'Ain suit cela.»

L'usine Trédi est autorisée à rejeter de faibles quantités de ce produit dans le Rhône, «mais cela ne peut être la seule cause», a indiqué à l'AFP le directeur des services vétérinaires du Vaucluse, François-Xavier Temple, qui donne l'exemple de «gens qui jettent les batteries dans l'eau».

Vendredi 10 août, France Nature environnement a réagi en demandant à ce «que le nouveau ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables (Medad) mette en oeuvre tous les moyens indispensables pour le suivi de cette pollution ainsi que pour le programme de recherche sur les pollutions sédimentaires lancé cette année, à notre demande, sur le bassin Rhône Méditerranée. Nous souhaitons que des analyses soient réalisées sur la pêche côtière dans le delta du Rhône (poissons et coquillage) et en Camargue. Enfin, vu l'importance de la problématique, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) et FNE demandent d'étendre les investigations au niveau national et la création d'un observatoire national des pollutions sédimentaires!»




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