Pollution du métro: les ouvriers de maintenance plus exposés

Le 10 septembre 2015 par Romain Loury
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Un nid à particules
Un nid à particules
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Dans les stations de métro et de RER, la faible qualité de l’air, notamment en termes de particules fines, pourrait entrainer un risque sanitaire élevé pour les travailleurs. Parmi les plus exposés, ceux affectés aux travaux de maintenance, selon un rapport publié mercredi 9 septembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Si le nombre de particules présents dans les stations est sensiblement le même que celui retrouvé dans l’air extérieur urbain, la concentration en masse y est environ 3 fois supérieure. Pourquoi un tel hiatus? Parce que les particules diffèrent largement de celles émises par les voitures, aussi bien en composition qu’en taille.

Riches en fer et en carbone, leur principale source est «l’usure des matériaux par la friction roue-frein des rames de voyageurs, suivie du contact roue-rail et du contact entre le matériel roulant et le système d’alimentation électrique», rappelle l’Anses. Elles seraient «au moins aussi toxiques à court terme» que celles émises en extérieur, bien que les données de toxicologie manquent à leur sujet.

Dans son rapport publié mercredi, l’Anses dit s’attendre à des effets cardiovasculaires et respiratoires, bien documentés avec les particules émises par le trafic routier. Et les risques sanitaires pourraient être particulièrement marqués chez les travailleurs impliqués dans la maintenance, des travaux effectués de nuit.

Des pics à plus de 1.000 µg/m3

C’est en effet entre 2h et 5h du matin que l’on observe les pics souterrains de pollution : pour les particules PM10, les valeurs maximales dépassent fréquemment les 1.000 µg/m3 d’air sur une heure, alors que la moyenne quotidienne oscille entre 70 et 120 µg/m3. En cause, l’utilisation de motrices diesel et le meulage des rails lors des travaux de maintenance.

Afin de réduire l’exposition des travailleurs à ces particules, l’Anses recommande de replacer les moteurs thermiques par d’autres moins polluants, ou du moins d’en réduire les émissions, et si possible de transférer les ateliers de maintenance en surface.

Quant au trafic lui-même, l’Anses préconise d’améliorer le schéma de ventilation des stations et des tunnels, de réduire la remise en suspension des particules lors de la circulation des rames (par exemple, en réduisant la vitesse à l’entrée en station), et de limiter l’utilisation du freinage mécanique, voire de le substituer à plus long terme.



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