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Pollution des voitures: les conducteurs plus exposés que les piétons

Le 19 octobre 2007 par Claire Avignon
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embouteillages
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Dans les villes, les conducteurs de véhicules peuvent être exposés à des taux de polluants supérieurs aux normes. Pourtant, rien n’est fait pour les protéger.

Certains l'appellent ironiquement le principe du «pollueur-pollué». Les piétons s'inquiètent souvent de respirer un air qui provient des pots d'échappement des automobiles, surtout lorsqu'ils sont accompagnés d'un enfant en poussette. Pourtant, ce sont les conducteurs et les passagers qui sont le plus exposés à la pollution qu'ils produisent. Et même «nettement» plus que les piétons, selon des résultats sur le dioxyde d'azote (NO2) publiés ce mois-ci par le réseau de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France Airparif. Des résultats tout aussi inquiétants ont été présentés par Jean-Paul Morin, chercheur à l'Inserm, sur les oxydes d'azote (NO2 et NO), les particules, l'ozone (O3) et le dioxyde de soufre (SO2) lors des rencontres scientifiques de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), le 5 octobre dernier.

Jean-Paul Morin a analysé des mesures en embarqué dans l'agglomération rouennaise (Seine-Maritime) et en Ile-de-France incluant une grande variété de situations de trafic (tunnel, périphérique, etc.). Résultats: l'exposition des personnes qui roulent tous les jours deux heures en ville dépasse les valeurs limites réglementaires de NO2. «Pour les travailleurs, on arrive à des niveaux d'exposition pour lesquels les derniers travaux scientifiques montrent qu'ils ont des effets sur la santé, notamment d'ischémie cardiaque (1)», indique Jean-Paul Morin.

Pour le moment, aucune mesure réglementaire n'a été prise. Pourtant des solutions existent, comme le fait de positionner plus haut les pots d'échappement des bus et des camions.

La pollution est également aggravée lors de la traversée des tunnels. L'étude d'Airparif a mis en exergue un facteur 13 entre le niveau de NO2 à l'entrée du tunnel et le maximum avant sa sortie. «La ventilation d'un tunnel est asservie au taux de monoxyde de carbone (CO). Mais ce n'est plus un polluant émis par les véhicules. Il faudrait un pilotage de la ventilation qui soit fonction du taux de NOx», estime Jean-Paul Morin.

D'une manière générale, les aménagements urbains et de routes ne prennent pas en compte la dispersion de la pollution. Grâce à des enregistrements vidéo, l'équipe de l'Inserm de Rouen a pu montrer que les murs antibruit, les couvertures partielles et la végétation peuvent faire obstacle à la dispersion s'ils sont mal placés.

Une autre piste pourrait être la dépollution de l'air avant son entrée dans l'habitacle. Le pollueur-pollué devenant ainsi le pollueur protégé.



(1) Lésion due à un manque d'oxygénation du muscle cardiaque consécutif à l'obstruction d'une artère coronaire.






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