Pollution des eaux: défaite de l’EPA contre le Pentagone

Le 09 mai 2006 par Claire Avignon
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Selon le Los Angeles Times, le ministère de la défense américain vient de gagner une bataille féroce qui l’oppose depuis des années à l’Agence de protection de l’environnement. Elle concerne le trichloroéthylène, un polluant probablement cancérogène qui menace de nombreuses sources d’eau potable aux Etats-Unis.

L'affaire commence dans les années 1990. D'importantes quantités de trichloroéthylène (TCE) sont retrouvées dans les ressources en eau des Etats-Unis. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) décide alors d'évaluer la dangerosité de ce solvant utilisé dans le dégraissage des métaux et comme intermédiaire de synthèse. Après plusieurs années d'étude, l'agence conclut en 2001 que le TCE «cause très probablement des cancers chez les humains». Le risque de cancer s'avère beaucoup plus élevé que les précédentes études ne l'avaient montré. Une conclusion qui doit logiquement mener au renforcement des normes sur la présence de TCE dans l'eau potable.

Cette nouvelle ne fait pas plaisir au Pentagone qui, selon le Los Angeles Times, possède 1.400 sites contaminés au TCE, et donc susceptibles de polluer les nappes phréatiques. Le ministère en charge de l'énergie et la Nasa se joignent au ministère chargé de la défense pour contre-attaquer et décrédibiliser les recherches de l'EPA. Avec une norme passant de 5 parties par milliard (ppb) à 1 ppb, les coûts de dépollution se seraient élevés à 6,5 milliards de dollars contre 5 milliards de dollars à l'heure actuelle.

«Ce qui s'est produit avec le TCE est une illustration du glissement de pouvoir qui a nui à la capacité de l'EPA de mener l'une de ses missions essentielles: évaluer les risques sanitaires des substances chimiques toxiques, juge le Los Angeles Times. L'autorité et la stature scientifique de l'agence ont été rongées par une attaque profondément méprisante contre son personnel technique par les militaires et ses autres contradicteurs. En effet, la direction de l'EPA liée à l'administration Bush s'est finalement rangée du côté des militaires.»

Une procédure de réévaluation est actuellement menée par l'Académie nationale des sciences. Mais ses résultats pourraient être présentés seulement dans plusieurs années. C'est en tout cas la crainte de plusieurs sénateurs, dont Hillary Clinton, qui ont demandé le 5 octobre 2005 la création d'une «norme intérimaire» pour le TCE. Sans succès.

Malgré la défaite de l'EPA, la lutte des anti-TCE continue. La Californie et d'autres Etats considèrent désormais le TCE comme un cancérogène avéré, ce qui augmente la pression réglementaire sur les produits. Les conclusions de l'Académie nationale des sciences sont attendues.






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