Pollution de l’air: une prédisposition génétique aux effets sanitaires?

Le 10 septembre 2018 par Romain Loury
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Pas tous égaux devant la pollution
Pas tous égaux devant la pollution
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Outre ses effets pulmonaires, la pollution de l’air est nocive pour le cerveau des enfants, favorisant en particulier des troubles de déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH). Or ce phénomène serait en partie lié au variant d’un gène, l’Apo E4, déjà associé à la maladie d’Alzheimer, selon une étude espagnole menée sur des enfants.

Chargée de transporter les lipides dans l’organisme, l’apolipoprotéine E est particulièrement importante au niveau du cerveau, où elle permet l’entretien des membranes des neurones. L’un de ses variants, Apo E4, est d’ailleurs associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer: chez les 15% de la population portant au moins une copie de ce variant, le risque est multiplié par 3,2. Chez les 2% en possédant deux copies, il l’est par 11,6.


Or ce variant génétique (ou «allèle») de prédisposition à la maladie d’Alzheimer pourrait l’être aussi pour les effets délétères, en particulier cérébraux, de la pollution de l’air. C’est ce que suggère l’étude menée par Silvia Alemany, de l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal), et ses collègues sur 1.667 enfants, âgés en moyenne de 8,5 ans, scolarisés dans 39 écoles de Barcelone.
 

Les enfants ApoE4 plus sévèrement touchés

Les chercheurs ont étudié les résultats obtenus par ces enfants aux tests de concentration et de comportement, ainsi que ceux d’imagerie cérébrale. Bilan: les effets de la pollution de l’air -dioxyde d’azote et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) mesurés près de l’école-, étaient nettement plus marqués chez les enfants porteurs du variant Apo E4.
 

«L’inflammation généralisée et le stress oxydatif sont deux des mécanismes les mieux établis à l’origine des effets sanitaires de la pollution de l’air. Or ces mécanismes sont aussi impliqués dans la survenue de la démence [dont celle liée à la maladie d’Alzheimer, ndlr]. D’autres travaux de recherche ont d’ailleurs mis en évidence un lien entre cette pollution et des troubles cognitifs chez les personnes âgées», rappelle Silvia Alemany.



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