Pollution de l’air: un décès sur cinq lié au commerce international

Le 30 mars 2017 par Romain Loury
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Pékin sous le smog
Pékin sous le smog
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La pollution de l’air ne connaît pas de frontières: non seulement parce que les polluants sont portés par les vents, mais aussi en raison du commerce international, qui découple consommation et production. Au niveau mondial, ce dernier facteur pourrait être lié à un cinquième des morts liés à la pollution de l’air, révèle une étude publiée mercredi 29 mars dans Nature.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution atmosphérique serait responsable chaque année de 3 millions de décès prématurés. Au-delà des sources locales, les transfrontalières s’avèrent souvent très d’un poids majeur, parfois même majoritaire, dans ces effets sanitaires.

Pour la première fois, une équipe de chercheurs, celle de Dabo Guan à l’université Tsinghua (Pékin), a dressé un bilan mondial de ce facteur transfrontalier. Et ce à deux niveaux: d’une part les particules fines PM2,5 apportées par les vents d’un pays à l’autre, d’autre part celles liées à la production par un pays de produits consommés dans un autre.

Les émissions de PM2,5 liés à la production sont celles liées à la fabrication des matériaux et au carburant nécessaires à leur fabrication et à leur transport

Le double effet transfrontalier

Selon les résultats de cette modélisation, le commerce international s’avère encore plus délétère que le simple transport aérien de polluants. Il expliquerait à lui seul 22% des décès prématurés liées aux PM2,5, contre 12% pour leur mouvement de part et d’autre des frontières.

L’Afrique subsaharienne est la plus épargnée par le phénomène: seulement 15,2% de ses décès liés aux PM2,5 s’expliquent par le commerce international. A l’inverse, la Russie, grande exportatrice de gaz et de pétrole, est la plus touchée (53,7%). La Chine se situe dans la moyenne, avec 23,6% de décès dus aux «PM2,5 commerciaux», dont 5,4% pour des produits finalement consommés aux Etats-Unis –autant pour l’Europe de l’ouest.

Ce sont d’ailleurs ces deux dernières contrées, ainsi que le Canada, qui par leur consommation engendrent le plus de décès liés à la pollution de l’air à travers le monde. A l’inverse, la Chine et l’Europe de l’est sont celles qui polluent le plus leurs voisins de manière directe, via des PM2,5 qui franchissent les frontières.



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