Pollution de l’air: les chercheurs français se mobilisent

Le 02 mars 2006 par Claire Avignon
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La polémique se poursuit sur la nouvelle directive européenne sur la pollution de l’air. Inquiets du manque d’ambition du projet de la Commission, des scientifiques français cherchent à sensibiliser les parlementaires européens.

Le 25 février, 3 chercheurs français ont envoyé une lettre aux députés européens français membres de la commission chargée de l'environnement et de la santé. Ces spécialistes des effets sanitaires de la pollution atmosphérique (1) s'inquiètent du projet de directive sur la qualité de l'air qui devrait être adopté en première lecture en juin prochain par le Parlement européen. La directive a été présentée le 21 septembre dernier par la Commission européenne dans le cadre de la stratégie thématique sur la pollution atmosphérique. «Son adoption en l'état constituerait un grave recul dans l'action engagée depuis des décennies par nos pays pour réduire l'impact, encore très substantiel, de la pollution atmosphérique sur la santé publique. Nous pensons que ce projet ne permettra pas d'atteindre l'objectif de protection de la santé des populations européennes qui, entre autres objectifs essentiels, fonde l'action de l'Union», écrivent les 3 cosignataires de la lettre. Et de rappeler: «Nous n'exprimons pas ici une opinion; nous vous faisons part des connaissances solides dont nous disposons, grâce aux nombreuses recherches conduites au plan international, et tout particulièrement au sein de l'Union européenne […].»

Les chercheurs français poursuivent une action européenne qui a débuté le 31 octobre 2005, avec l'envoi par le Néerlandais Bert Brunekreef et une quarantaine d'experts d'une lettre à Karl-Heinz Florenz, président de la commission chargée de l'environnement du Parlement européen. Tous s'inquiètent particulièrement du cas des particules fines (ou PM-2,5). «On sait maintenant qu'une augmentation, sur une courte durée, des teneurs en particules fines est associée à des excès de mortalité, notamment cardio-respiratoire, à une aggravation de l'asthme, et à une hausse des hospitalisations pour maladies respiratoires; pour des situations de pollution de longue durée, on a constaté des augmentations du risque de cancer du poumon et de décès pour affections cardio-respiratoires, et une altération de la fonction pulmonaire, notamment chez les enfants.» Un constat qui amènent les médecins et scientifiques à demander aux parlementaires «de réduire de manière considérable la valeur du «plafond de concentration» proposée pour les PM-2,5.» Le texte actuel propose un objectif de réduction des émissions de PM-2,5 de 20% d'ici 2020. Mais selon les chercheurs, il ne s'agit pas d'une valeur contraignante. La seule qui le soit est le plafond de concentration, situé à une moyenne annuelle de 25 microgrammes par mètre cube (µg/m3), un niveau «associé à des conséquences sanitaires très sérieuses», préviennent les chercheurs dans leur lettre datée du 31 octobre dernier.

Autre préoccupation: les PM-10, des particules dont le diamètre est plus grand que dans le cas des PM-2,5. «La nouvelle proposition autoriserait des valeurs de PM10 supérieures à celles de 1999 partout en Europe», décryptent les experts. Enfin, Isabella Annesi-Maesano, Sylvia Médina, et Denis Zmirou demandent «un strict encadrement des conditions autorisant un Etat membre à prendre en considération des «sources naturelles» de particules». Car, naturelles ou pas, leur exposition peut entraîner des maladies.



(1) Isabella Annesi-Maesano, responsable de l'équipe «Epidémiologie des maladies allergiques et respiratoires» à l'Inserm, Sylvia Médina, du département santé et environnement de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et coordinatrice du programme européen Apheis (Air pollution and health european information system) et Denis Zmirou-Navier, directeur de recherche de l'équipe «Evaluation et prévention des risques professionnels et environnementaux» à l'Inserm.




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