Pollution de l’air: le lien avec la maladie d’Alzheimer se précise

Le 20 septembre 2018 par Romain Loury
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Le NO2 et les PM2,5 mis en cause
Le NO2 et les PM2,5 mis en cause
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L’exposition à la pollution de l’air, en particulier celle au dioxyde d’azote et aux particules fines PM2,5, est liée à un risque accru de maladie d’Alzheimer, confirme une grande étude menée à Londres, publiée dans la revue British Medical Journal Open (BMJ Open).

On la savait déjà liée aux maladies pulmonaires et cardiovasculaires: la pollution de l’air semble de plus en plus associée à d’autres maladies chroniques, de celles dont l’incidence ne cesse d’augmenter. Parmi celles-ci, le diabète, l’obésité, la dépression et la maladie d’Alzheimer.

Publiée dans BMJ Open, l’étude menée par Iain Carey, de l’université Saint George de Londres, et ses collègues confirme un risque accru de démence liée à l’âge, en particulier de maladie d’Alzheimer, chez les personnes vivant dans les zones urbaines les plus polluées. Les chercheurs ont analysé près de 131.000 personnes âgées de 50 à 79 ans en 2004, dont 1,7% ont développé une démence par la suite.

Risque accru de 40%

Les chercheurs montrent que, parmi les 20% de personnes les plus exposées au dioxyde d’azote (teneur de l’air supérieure à 41,5 microgrammes par mètre cube d’air, µg/m3), le risque de démence était accru de 40% par rapport aux 20% de personnes les moins exposées (teneur de l’air inférieure à 31,9 µg/m3).

Les résultats montrent une tendance similaire avec les particules fines d’une taille inférieure à 2,5 micromètres (PM2,5), mais pas d’augmentation significative avec l’ozone. Les résultats sont plus marqués pour la maladie d’Alzheimer que pour les démences d’origine vasculaire, en particulier consécutives à un accident vasculaire cérébral (AVC).

Une inflammation chronique du cerveau?

Les mécanismes en cause demeurent obscurs: après avoir découvert, pour la première fois, des particules fines dans des cerveaux de personnes décédées, des chercheurs avaient suggéré, en 2016, un transfert au cerveau par les narines, via le nerf olfactif. Ce qui expliquerait pourquoi la perte d’odorat constitue l’un des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Selon les auteurs de cette nouvelle étude, «la pollution liée à la circulation automobile a été liée à un retard du développement cognitif chez les jeunes enfants, et une exposition importante et continue pourrait produire une inflammation du cerveau et une baisse des défenses immunitaires au niveau du cerveau, chez les jeunes adultes».



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