Pollution de l’air: la RATP réplique

Le 22 juin 2007 par Claire Avignon
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Suite à l’étude d’Ecologie sans frontière de la pollution atmosphérique de l’agglomération parisienne, la RATP a organisé, vendredi 22 juin, un point presse sur la qualité de l’air dans ses stations de métro et de RER, et les actions mises en œuvre pour l’améliorer.

Les usagers du RER sont moins chanceux que ceux du métro. L'air qu'ils respirent est plus pollué en particules PM-10. En heures de pointe, le matin et le soir, leur niveau peut atteindre 500 microgrammes par mètre cube (µg/m3), alors que le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) recommande 347 µg/m3 pour une exposition de deux heures. Une recommandation que les métros, eux, ne dépassent pas.

C'est bien la pollution particulaire qui fait la spécificité de l'air ferroviaire. «Notre réseau de mesure montre un niveau de pollution similaire à celui de l'air extérieur pour le dioxyde d'azote (NO2) et l'on ne retrouve l'ozone qu'à l'état de trace. En revanche, notre pollution aux PM-10, qui comprend une teneur importante en fer, a pour origine essentielle le freinage des métros.», explique Sophie Mazoue, responsable de la qualité de l'air pour la RATP.

Mais si le CSHPF a bien établi des recommandations sur ces molécules, il n'y a pour l'heure aucune norme réglementaire pour les polluants de l'air intérieur. Il existe seulement des normes pour l'extérieur, ou bien pour les travailleurs (dans le cadre du Code du travail). En attendant ce travail actuellement mené par les pouvoirs publics, dont l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, la RATP n'est donc pas en infraction.

Mais pour anticiper ces prochaines normes, l'entreprise publique a déjà pris plusieurs mesures. Un nouveau système de freinage doit permettre de réduire de 20 à 25% les rejets particulaires. 50% des métros devraient en être équipés en 2012 et 100% en 2020. «Nous augmentons également le renouvellement d'air», explique Sophie Mazoue. Solution qui entraîne une dilution des émissions de particules, mais qui apporte également de l'air extérieur pollué…

La RATP n'a pas oublié ses travailleurs, exposés de manière plus importante que les usagers. «Une étude sur 2.000 personnes, qui doit se terminer en 2008, va comparer l'état de santé de nos agents qui travaillent dans les métros aux travailleurs en surface, explique Valérie Jouannique, médecin du travail à la RATP. Nous travaillons également en coopération avec l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur une cohorte de plus de 68.000 agents ayant travaillé entre 1980 et 1999 à la RATP. Les premiers résultats montrent une sous-mortalité globale de 10% des travailleurs de la régie par rapport à la population française. Mais l'ensemble des résultats, notamment sur les différentes catégories de travailleurs ne sera pas publié avant le second semestre 2008.»

Malgré cette mise au point, qui aborde de «manière scientifique ce sujet» selon les propos de Gilles Alligner, directeur de communication, la RATP n'est pas à l'abri de nouvelles controverses. Si elle reconnaît des pics de 1.200 µg/m3 lors de travaux de maintenance la nuit, au moment où les métros ne sont pas ouverts au public et où les travailleurs sont protégés par des protections individuelles, un avis de 2001 du CSHPF évoque des valeurs maximales pouvant atteindre 1.000 µg/m3 aux heures de pointes de fréquentation. L'entreprise est également mise en cause par un reportage intitulé «Pollution de l'air: alerte aux microparticules» qui sera diffusé mardi 26 juin sur Canal + dans son émission «Faites passer l'info».



(1) Deux stations sont dans le réseau du métro (Franklin Roosevelt et Châtelet) et trois dans le réseau du RER (Auber, Châtelet-Les Halles et Nation)




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