Pollution de l’air: la Chine coincée par le réchauffement

Le 16 mars 2017 par Romain Loury
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Pékin sous le smog
Pékin sous le smog

A Pékin, la pollution de l’air n’est pas seulement liée aux émissions: elle s’expliquerait en partie par la fonte polaire, qui empêche la ventilation par la mousson hivernale, révèle une étude publiée dans la revue Science Advances.

En janvier 2013, la capitale chinoise a connu un record historique de pollution de l’air, une «airpocalypse» durant laquelle son niveau de particules fines PM2,5 a atteint un pic de 766 µg/m3 d’air et une moyenne mensuelle de 130 µg/m3. Pourtant, les émissions n’avaient pas particulièrement augmenté durant cette période.

Du fait de sa population, la Chine est le pays qui, dans l’absolu, est le plus touché par les impacts sanitaires de la pollution de l’air. Selon des travaux publiés mardi 14 mars dans le British Medical Journal (BMJ), 3 millions de morts par an pourraient y être évités si elle parvenait à abaisser son taux de PM10 au seuil fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 20 µg/m3 en moyenne annuelle.

Dans leur étude, Yufei Zou, du Georgia Institute of Technology à Atlanta, et ses collègues expliquent ce phénomène par le réchauffement, en l’occurrence par la fonte de la banquise arctique et par de fortes chutes de neige dans la région boréale.

Un air hivernal qui stagne

Selon les chercheurs, cette conjonction, particulièrement forte fin 2012, aurait déplacé la mousson d’hiver vers l’est. Raison pour laquelle l’hiver 2013 a été très froid au Japon et en Corée, mais plutôt clément en Chine.

Or par les vents froids qu’elle charrie, cette mousson d’hiver permet de ventiler les plaines orientales de la Chine -et donc Pékin-, région coincée entre l’océan à l’est et les montagnes à l’ouest. Sans ce souffle, l’air pollué stagne. C’est d’ailleurs, selon les chercheurs, ce qui s’est de nouveau produit cet hiver en Chine.

Pas qu’un problème d’émissions

«Malgré les efforts pour réduire les émissions, ce brouillard de pollution devrait demeurer dans le futur, commente Yuhang Wang, co-auteur de l’étude. Ce phénomène est désormais en partie lié au climat, donc il est probable qu’il ne s’atténue que très peu. Les émissions n’en sont plus la seule explication».

«Ce réchauffement polaire très rapide a un impact très fort sur la Chine, ajoute le chercheur. Cela doit donner à la Chine un nouvel élan, pas seulement pour réduire les émissions de polluants de l’air, mais aussi pour atténuer celles de gaz à effet de serre»



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